mercredi 15 février 2012

Citation du moins : février 2012


«Si vous avez mégoté sur l’effort dans les petits matins blêmes, c’est sous la cruelle lumière des projecteurs que ça vous retombera dessus.»
Joe Frazier

Solitude du grappler

dimanche 18 décembre 2011

Citation du moins : décembre 2011


"I'm awesome. You're not."
John Dodson

La team Jackson grandit ENCORE!


Ce n'est pas un secret, Greg Jackson entraîne pas mal de monde, au point qu'on est maintenant habitués à voir sa tête plusieurs fois à chaque UFC. Et il entraîne pas mal de monde à très haut niveau. Son gymnase fait partie des nombreux visités par Georges Saint-Pierre, et il entraîne aussi Jon Jones qui a presque coupé en 2 la tête de Machida avec son coude la semaine dernière avant de l'endormir sur une guillotine/twister debout, et son plus grand rival du moment Rashad Evans, ce qui sera vachement embêtant quand les deux lourds-légers arrêteront de se blesser chacun à leur tour.

Deux ceintures UFC sur 7, c'est pas mal, même si la Team Black House fait pareil (et en aurait même eu 3 si Machida avait battu Jones, mais on en était quand même très loin), mais Jackson ne s'arrête pas en si bon chemin : à la finale du TUF 14, les deux vainqueurs, John Dodson et Diego Brandao, sont aussi de son équipe.

Pour la finale poids coqs, TJ Dillashaw cherche dans un premier temps à boxer... il n'y aura pas de deuxième temps. Un crochet, éclair et parti d'une courte distance, et Dillashaw subit sa première défaite sans avoir eu l'occasion de faire ce qu'il fait de mieux (le ground'n'pound).

C'est Dennis Bermudez qui fait face à Diego Brandao pour la finale poids plumes. Doué au sol surtout quand il est au dessus, capable de récupérer d'une situation difficile, pour une fois peut-être que les terrifiants poings de Brandao ne trouveront pas si rapidement un menton sur leur chemin. Et effectivement ça commence bien pour Bermudez, non seulement il se permet de boxer mais il touche avec pieds, poings et genoux, surtout en sortie de corps à corps. Sauf qu'il finit par prendre un crochet. Il reste debout, mais prend un des fameux coups de genou sautés de Brandao peu après et va au sol, mais en accrochant son adversaire. Le round est bientôt finit, Brandao accélère... et s'emballe un peu trop, son menton arrive à toute vitesse sur le poing solide de Bermudez. Une minute pour en finir. C'est faisable. Bermudez cogne en ground'n'pound, fort. 10 secondes avant la fin, Brandao arme une clef de bras. S'il tourne pour le mettre sur le dos et finir sa clef, Bermudez aura les pieds contre la cage et pourra sortir. Mais le Brésilien s'en est bien rendu compte, et le bascule magnifiquement en avant au lieu de juste le renverser. Impossible de tenir les quelques secondes restantes : Bermudez, qui semblait avoir presque gagné, tape. Mieux, la clef était tellement parfaite que sur le ralenti, on se rend compte que Bermudez avait déjà tapé avant d'être renversé. Brandao, qu'on n'avait pas encore vraiment vu travailler au sol, alors qu'il semblait se contenter de survivre ce qui est déjà impressionnant, calculait son coup. Il devait pourtant avoir à peu près l'esprit aussi clair que quelqu'un qui a la gueule de bois à un concert de casseroles en cuivre.

Dans le show, Dodson était dans l'équipe de Miller et Brandao dans l'équipe de Bisping. Mais les deux font partie de la Team Jackson. Attention Cruz, Aldo, Edgar, Silva, Dos Santos : il ne reste au moustachu au crâne rasé que 5 ceintures à remporter.

vendredi 2 décembre 2011

Citation du mois : novembre 2011


"C'est comme ça qu'on devient un meilleur combattant, en perdant. Parce que si on est malin, on ne perdra jamais une deuxième fois de la même façon."
Bas Rutten

Pas trop tôt!

Le blog dédié aux sports de combat du monde.fr (nommé, de façon originale, combat.blog.lemonde.fr ), dont j'avais bêtement cru au début qu'il ne parlerait que de judo parce que les deux-trois premiers articles concernaient la "voie de la souplesse" et qu'il était tenu par un judoka, parle, plutôt avec enthousiasme et sur trois posts, des efforts de Bertrand Amoussou pour le développement du free-fight, dont la plupart des médias se complaisent à donner une image très caricaturale, surtout en France (où il est interdit) mais pas que. C'est tellement une bonne initiative qu'on pardonne (un peu) au blogger de qualifier King (de Tekken), dans un autre article, de lutteur alors que c'est un catcheur.

Le lien vers les articles : http://combat.blog.lemonde.fr/category/mixed-martial-arts-mma/

L'occasion d'une découverte nuancée pour ceux qui n'en ont jamais entendu parler, et pour les fans une synthèse sympathique passé-présent-peut-être futur proche avec au menu les efforts d'Amoussou à travers son association (CNMMA, pour Commission nationale de MMA) pour unifier et développer l'enseignement et la compétition, un rappel du passé très proche avec la ministre des Sports Chantal Jouanno qui traitait, tout en nuance et argumentation, les compétiteurs d'animaux, et un rappel d'un passé bien plus lointain (648 avant JC, et pas "-648 avant JC", comme dans l'article, qui ne veut rien dire) qui comporte quelques imprécisions ("ne pas mordre et ne pas frapper aux yeux" était le quasi-slogan des premiers UFC, pas sûr du tout que ça n'ait été le règlement officiel du pancrace dans l'Antiquité, la similitude tombe un peu trop bien, la boxe et la lutte ont coexisté avec le pancrace et ne lui ont pas succédé -les lecteurs du manga Tough se souviendront que Platon considérait ce sport comme l'association d'une lutte imparfaite et d'une boxe imparfaite-, et surtout arbitre et règles existaient -et ont évolué continuellement- dès les premiers UFC en 1993, sans attendre le Pride en 1997 qui n'a par ailleurs jamais strictement instauré de catégorie de poids si ce n'est pour distribuer un peu plus les titres mondiaux) mais c'est pas grave.

Une autre imprécision concerne le fait que Bertrand Amoussou ait gagné "le" Pride. ça laisse croire qu'il a gagné un tournoi, ou un titre. Il serait plus exact de dire qu'il a gagné UN combat au Pride, combat par ailleurs très très mineur à l'échelle de l'organisation. Par contre, comme c'est mentionné, il pourra éternellement se vanter à juste titre d'être le seul Français à avoir remporté un combat dans cette organisation puisqu'après 10 ans de combats d'anthologie elle a été rachetée puis a disparu. Les autres Français (Gilles Arsène, Cyrille Diabaté, David Baron, je crois et j'espère que je n'oublie personne) qui y ont combattu ont eu des adversaires infiniment plus prestigieux mais la victoire n'a pas été au bout.

Tant que j'y suis, et comme je suis parti pour être relou, je vais aussi reprocher à Amoussou (dont le frère Karl combat actuellement au prestigieux et montant Bellator) d'avoir dit au détour d'un commentaire pour un DVD du Pride qu'il était contre les soccer kicks (parce que les soccer kicks, c'est bien), et aussi son système de progression avec les mitaines blanches à noire. Déjà on peut trouver que ça ne rime pas à grand chose de calquer sur une discipline purement sportive un système de progression dérivé directement des arts martiaux traditionnels (pourquoi pas des crampons de couleur selon le niveau pour le foot, ou des raquettes pour le tennis ou le badminton?), mais en plus cette unification des techniques, si elle contribue probablement (un peu) à améliorer l'image du sport et la sécurité des compétiteurs, me paraît aller à l'encontre du principe d'origine du MMA, qui est l'idée de divergence d'horizon des combattants, de richesse technique, de la-méthode-ultime-qu'elle-est-mieux-que-les-autres, qui a donné lieu à tant de navets avec Van Damme (Bloodsport, Le grand tournoi, ...). Le temps du sumo contre le ninja ou du shaolin contre le lutteur, dont on a pu profiter aux premiers UFC, est certes nettement révolu, et le cocktail lutte-jiu jitsu brésilien-boxe thaï est un passage obligé dont presque tous les athlètes, même parmi les meilleurs, se contentent et ça leur réussit, mais on assiste encore à des styles sortis de nulle part qui devraient pas marcher et qui marchent (je pense à Machida et Cung Le par exemple mais surtout à Jon Jones, qui a une aura d'invincibilité que j'ai encore jamais vue mais qui sort des nouveautés presque a chaque combat, dont certaines qui vont vraiment, mais vraiment pas dans le sens de ce qui DEVRAIT marcher), et à mon sens c'est ça qui fait qu'on peut encore être émerveillé même quand on a vu un nombre conséquent de combats.

La parenthèse relou étant fermée, je rappelle juste qu'heureusement qu'Amoussou fait le travail qu'il fait, et que les fans français lui devront beaucoup quand entre son association et ses arguments pertinents le free-fight sera enfin autorisé sur l'hexagone, et que des compétiteurs d'un bon niveau (et de nombreux spectateurs, forcément) pourront en profiter.

mardi 8 novembre 2011

Citation du mois: octobre 2011 (oui, très en retard)


"Votre adversaire, vous le respectez alors vous le frappez!"
Fabrice Fourment

The not ultimate guide to the TUF 14 semifinals


Après un beau début pour cette saison 14 de The Ultimate Fighter où Bisping a spectaculairement gagné en maturité depuis son combat contre Jorge Rivera, et même depuis la dernière saison où il était coach face à Dan Henderson (non seulement il ne s'énerve pas tout seul, mais il est plutôt patient face aux provocations pas toujours très fines de Miller), voilà mes tentatives de pronostics pour les demi-finales. Si vous voulez gagner des sous en pariant et que vous avez suivi mes pronostics de la saison dernière, vous savez déjà qu'il faut parier le contraire de ce que je vais mettre.

Poids coq

TJ Dillashaw (Team Bisping) contre Dustin Pague (Team Miller)

Le TJ Dillashaw à la garde (TRES) basse et au cardio suspect qui devait sa victoire en 8èmes à sa force de frappe abusée en ground'n'pound s'est transformé avec l'entraînement de la Team Bisping en monstre enragé auquel Roland Delorme pourtant motivé n'a pu que laborieusement tenter d'échapper pendant leurs 10 minutes de combat. ça ne devrait pas effrayer Dustin Pague qui a eu un combat serré en 8ème et qui vient de faire taper le favori de Bisping, mais je pense que Dillashaw l'emportera quand même à peu de choses près.

John Dodson (Team Miller) contre Johnny Bedford (Team Miller)

Dodson a été le premier sélectionné de la Team Miller. Ses pieds partent vite même au visage, ses crochets font mal quand ils touchent (en même temps, c'est des crochets), mais il donne l'impression de prendre la compétition de haut et on l'a vu un peu essouflé sur la fin en quarts de finale. Bedford de son côté est plus à l'aise au sol (et ses projections sont impressionnantes) mais son pieds-poings est très honorable, et surtout son agressivité constante rappelle celle de Ramsey Nijem, finaliste de la saison 13. Vu qu'il ne peut pas encadrer son co-équipier (pas assez co-équipier à son goût, justement), il va être encore plus agressif si c'est possible, et même s'il ne s'avère pas supérieur à son adversaire il l'aura à l'usure.

Poids plumes

Akira Corassani (Team Bisping) contre Dennis Bermudez (Team Miller)

Corassani est bon, c'est indéniable, mais il a quand même l'air de se surestimer un peu. Il a été touché au début de son premier combat, et a tapé (mais l'arbitre n'est pas intervenu à temps) lors du 2ème (ce qui ne l'a pas empêché d'en rajouter à la fin...). Bermudez, choix numéro 1 de Miller malgré un premier round passé en enfer en 8èmes, a par 2 fois fait son job, au 2ème round : son adversaire, aplati sur le ventre, s'est fait étrangler et a abandonné. Il n'y a pas de raisons de croire que le sort de Corassani sera différent.

Diego Brandao (Team Bisping) contre Bryan Caraway (Team Miller)

Les 3 adversaires potentiels de Brandao (choix n°1 de Bisping) étaient tous très motivés pour ne surtout pas l'affronter. Caraway l'a d'ailleurs magnifiquement formulé en disant qu'il voulait se battre contre lui... en finale (mais non, ce n'est pas passé comme une altruiste tentative de réserver au public le meilleur pour la fin). Le Brésilien est en effet de loin le qualifié le plus rapide, avec 2 victoires éclair sur crochet dans la gueule. Pourtant, les autres demi-finalistes sont bons aussi (puisqu'ils sont là!), et il faut se rappeler qu'on ne sait pas ce que vaut Brandao en clinch, on ne sait pas ce que vaut Brandao au sol (ni au dessus ni sur le dos), on ne sait pas ce que vaut Brandao quand il prend des coups... on ne sait même pas ce que vaut Brandao après une minute de combat! Et Caraway est excellent en projection, et bon au sol. Mais, à la tête qu'il faisait quand on lui a annoncé le quart de finale, c'était très clair qu'il avait la trouille. On dit qu'en voiture, regarder l'obstacle qu'on eut éviter c'est le meilleur moyen de se le prendre. De la même façon, ça paraît difficile de passer un barrage de crochets quand on a décidé qu'ils étaient la chose la plus terrifiante au monde (même si ce n'est pas tout à fait faux). Mon pronostic : défaite de Caraway par diarrhée.

jeudi 29 septembre 2011

Citation du mois : septembre 2011


"Au moment de prendre une décision la meilleure chose à faire est de faire ce qu'il faut, l'autre est de faire ce qu'il ne fallait pas faire, et la pire est de ne rien faire."
Theodore Roosevelt

Non, pas les enfants! Noooon!!!


Quand on veut scandaliser, rien de plus efficace que de montrer la souffrance des enfants. En général, c'est plutôt pour la bonne cause : ce serait une drôle d'idée de reprocher aux associations caritatives de montrer des enfants subissant la malnutrition pour inciter aux dons, ou à Serge Klarsfeld de s'être contenté, lors de sa plaidoire, de lire les dernières lettres des enfants d'Izieu pour convaincre le jury de la nécessité de condamner Klaus Barbie.

Le problème, c'est que quand on est trop ému, on ne réfléchit pas beaucoup. Et c'est ce qui s'est passé la semaine dernière avec les "images chocs" d'enfants s'affrontant dans une cage en Angleterre : les articles sur le sujet semblaient pousser comme des champignons, y compris au Royaume-Uni. Deux thèmes en particulier sont récurrents : l'absence de protections, et le fait que les spectateurs adultes (le Daily Mirror -cité par liberation.fr-, tout en nuances, parle d' "amateurs de combats avinés") aient payés (presque 30 Euros quand même) pour voir cet affrontement.

Oui, sauf que comme on peut le voir sur une des vidéos de YouTube ( http://www.youtube.com/watch?v=pY5wm2d6mjI&noredirect=1 ), il n'y a pas de coups échangés, n'en déplaise à TF1 qui parle d'"enfants enfermés dans une cage pour un combat à mains nues". La plupart des articles parlent de "cage fighting", ce qui si on prend les termes mot à mots est vrai (c'est un combat, qui a lieu dans une cage), mais Cage Fighting désigne habituellement le free-fight, où les coups sont portés à fond. Il y a donc de quoi sauter au plafond en voyant, sous un tel titre, une photo de deux gamins qui ne portent même pas de gants (les gants sont obligatoires même pour les adultes, depuis près de 15 ans), alors qu'il s'agit en fait d'un combat de grappling, qui ne nécessite aucune protection sinon une coquille (qui était probablement portée) et, mais c'est facultatif, un truc à mettre sur les oreilles à l'entraînement pour éviter de finir comme Nogueira ou Sakuraba.

Et si les "amateurs de combats avinés" (je fais une confiance aveugle au Daily Mirror qui a forcément fait passer un alcootest à tout le monde) ont effectivement payé 30 Euros, c'était surtout pour voir les autres combats de la fightcard, qui opposaient des adultes. Dire que les spectateurs ont payé pour voir ces pauvres enfants s'entre-arracher la gorge avec les dents, ça revient à peu près à dire que les spectateurs d'un concert ont payé pour voir l'artiste qui passe en première partie...

Autre élément qui alimente le scandale : le combat a continué, après examen d'un soigneur, alors que l'un des enfants pleurait. Mais, comme on peut l'entendre sur la très courte vidéo YouTube, et comme TF1 aurait pu le constater si la reporter avait écouté les "hurlements des commentateurs" qu'elle dénonçait avec subtilité, les commentateurs officiels de l'event eux-mêmes ont trouvé que ce n'était pas normal. Mais bien sûr, ça ne vaudrait pas la peine de compliquer les choses en n'étant pas manichéen.

Il n'y a donc pas grand chose de plus scandaleux que toute compétition enfants de lutte ou de judo où, après tout, des adultes payent pour voir des combats entre enfants. On peut, bien sûr, toujours se poser des questions. Le combat de grappling a duré 10 minutes, ce qui est long et demande une préparation physique conséquente. L'enfant qui pleurait, s'il n'a pas nécessairement subi de contrainte directe, s'est senti obligé de continuer. Cela pose la même question que pour n'importe quel autre sport : le sport de haut niveau est-il vraiment compatible avec un développement physique et psychologique satisfaisant de l'enfant? Un autre problème, plus spécifique à ce combat en particulier, est que les techniques de grappling sont redoutables : un enfant si jeune a-t-il le recul suffisant pour disposer de la capacité de casser un bras, d'étrangler jusqu'à évanouissement? Est-ce qu'il ne risque pas de blesser gravement un autre enfant lors d'une bagarre? Mais bon, la personne qui trouve un article ou une vidéo de presse qui pose ces questions là a gagné un verre d'eau, toute mon estime et un Snickers.

Au passage, un remerciement à Gilles Klein pour sa revue de presse sur www.arretsurimages.net ,à laquelle je dois l'extraordinaire extrait de TF1 et quelques réactions de la presse britannique (dont des médecins, apparemment pas trop au courant du règlement, qui déplorent l'absence de casque). Je n'ai pas sous la main de photos d'enfants souffrant atrocement de désinformation, mais je vous conseille quand même l'abonnement au site.

dimanche 28 août 2011

Citation du mois : août 2011


«Coopman a dit avant le combat qu'il ne connaissait pas les limites de son niveau. Il est en train de les découvrir.»

Commentaire du combat Mohammed Ali/Jean-Pierre Coopman

lundi 25 juillet 2011

Shoji VS Stiebling au Pride 25... et les commentaires officiels


Le duo Bas Rutten/Stephen Quadros doit cruellement manquer à de nombreux fans de MMA, leur humour et les détails techniques de l'excellent combattant qu'était Bas Rutten ayant embelli les Pride pendant des années. On peut peut-être leur faire un petit reproche... Rutten avait pas mal d'amis pendant les combattants du Pride, et en entraînait certains. Personne n'oserait lui reprocher, mais des fois son favoritisme se ressentait un peu, limite un peu trop, dans les commentaires du duo. Un petit extrait des commentaires de la guerre qui a opposé Shoji à Stiebling au Pride 25, où on ne pouvait pas ne pas savoir que Bas Rutten était proche de Stiebling. Le combat s'est terminé sur décision partagée pour Shoji, donc aurait probablement fini en match nul si les matches nuls existaient au Pride.


Comment faire durer le plaisir quand il y a un mouvement...

«C'était un coup au corps, ce soir au Yokohama Arena. Alex Stiebling a porté un uppercut au corps. Tu as vu ce coup au corps, Bas?»


Comment faire preuve d'un favoritisme discret:

«Je n'ai jamais vu Stiebling aussi impressionnant.» (après moins d'une minute de combat, sans échange significatif)

«Une feinte de crochet suivie d'un low kick, qu'est-ce que c'est impressionnant, hein Bas?»


Comment juger le travail de l'arbitre avec la bonne foi de Thierry Roland:

«L'arbitre devrait les relever, Shoji n'a pas fait grand chose de significatif.» (après plusieurs minutes où Shoji changeait constamment de position, a tenté de nombreuses frappes différentes et en a porté une partie»


Idem pour les juges:

«Shoji n'a pas fait un round extraordinaire, il n'a tenté aucune soumission.» (ce qui est honteux contre quelqu'un que, rappelons-le, ni Allan Goes ni Wallid Ismail, qui s'y connaissent un peu en grappling, n'ont réussi à faire taper)

«Shoji lui-même est très surpris.» (de la décision partagée en sa faveur-heureusement qu'on nous le dit, parce que ce n'est vraiment pas flagrant. A quand le stand de voyance?)

«Shoji n'a fait qu'un seul truc, au 2ème round, et c'est tout.» (donc le ground'n'pound pendant tout le 1er round, soit la moitié du combat, c'est «rien»... ah bon?)


Et quelques autres commentaires surprenants:

«Shoji devrait faire une projection, on ne peut pas boxer contre Stiebling, il va se faire mettre KO» (1 seconde avant que Stiebling ne tombe après avoir mangé un crochet)


«Shoji va taper, il va taper!» (sur une tentative d'étranglement de Stiebling où l'avant bras est sur le menton, et pas sur la gorge)


«Shoji ne pourra pas gagner sans un KO, c'est sûr.» (à une minute de la fin du combat, alors que Stiebling n'a nettement dominé que le 3ème round et la fin du 2ème, ce qui laisse quand même de la marge pour la décision)

jeudi 30 juin 2011

La minute Voici: Brett Rogers arrêté pour violence conjugale

Peut-être un peu trop désespéré de trouver un adversaire contre qui il pourrait l'emporter (il a subi 3 défaites avant la limite en 4 combats, alors qu'il était invaincu avant), Brett Rogers a comparu devant la justice pour agression. Saoul, il aurait étranglé et frappé son épouse, qui y a laissé une dent (ça aurait pu être pire contre un combattant pro de 120 kilos, mais ça montre qu'il s'agissait de vrais coups). Le Strikeforce, sans surprises (ce n'est pas une si grande perte), a mis fin à son contrat. S'il ne va pas en prison et qu'il est recruté par une autre organisation, on peut douter que les commentateurs martèleront comme avant qu'il changeait des pneus il n'y a pas si longtemps : la success story est devenue beaucoup moins belle.

Citation du mois : juillet 2011


"Abandonner, c'est facile."

Tito Ortiz

Résumé de l'UFC on Versus 4 : Kongo revient en force!


Suite à un souci de dernière minute (taux de testostérone trop élevé suite à un traitement médical), Nate Marquart, qui après une dégringolade dans le classement middleweight s'apprêtait à faire des dégâts dans la catégorie en dessous, est éjecté de la soirée... et de l'UFC. Le feu d'artifices promis par l'affrontement entre Kongo et Barry devient donc main event.


Matt Mitrione contre Christian Morecraft


Mitrione a beau ne pas sembler avoir de gros point fort et ne pas avoir l'air très malin, 4 combattants ont échoué à lui faire ravaler son protège-dents depuis la fin de sa saison d'Ultimate Fighter. Christian Morecraft, qui vient de l'emporter sur Sean McCorkle qui avait fait des débuts plutôt corrects à l'UFC, a une opportunité de corriger le tir. Pas impressionné par la présence de Ray Sefo dans le coin de son adversaire, il envoie directs et crochets à un rythme conséquent mais ne peut pas trop s'approcher car le contre menace, et l'intérieur de sa cuisse se fait saupoudrer de low kicks. Ledit contre finit par passer : un crochet envoie Morecraft sur les fesses au bout d'une minute. Il se remet bien, et termine le round sur le même ton, mais plus le temps passe plus il ralentit (ce qui est excusable, il attaque constamment), et plus il prend de coups, et se fait une belle frayeur sur la fin : il s'en sort en gagnant du temps sur une saisie qui lui permet de mettre Mitrione sur le dos.


Mitrione démarre le second round avec le sourire, et ça se comprend. N'arrivant toujours pas à vraiment toucher debout, et les low kicks intérieurs commençant à se faire sentir, Morecraft tente et passe, en insistant, une amenée au sol. L'arbitre les relève rapidement, et ce qui devait arriver arrive : sur un enchaînement un peu plus puissant que les autres, Mitrione étale Morecraft. Mitrione, qui avait plutôt une réputation (assumée) de tête de con dans Ultimate Fighter, a le fair-play de ne pas poursuivre son adversaire au sol après l'avoir mis KO, c'est rare et il faut le noter. Bien obligés aussi d'admettre qu'il est plus technique qu'il n'en a l'air, pour voir ses limites l'UFC va devoir le faire passer au niveau supérieur.


Rick Story contre Charlie Brenneman

Sur une série de 6 victoires consécutives, dont de loin la plus impressionnante il y a 3 semaines contre Thiago Alves, Story affronte Charlie Brenneman, inférieur sur le papier, et surtout qui a accepté le jour même de remplacer le bien plus prestigieux Nate Marquart. Autant dire qu'à priori on souhaite que Brenneman soit récompensé de son courage par un gros chèque, car l'argent s'annonce gagné à l'issue d'une très mauvaise soirée.

On peut pourtant vite constater que Brenneman n'est pas venu faire le sac de frappe : ses poings parlent peu mais bien, et Story est très ennuyé par son niveau en lutte. A la fin du 1er round, Rick Story a pris des coups debout et au sol, s'est fait passer en garde latérale, et n'a jamais vraiment paru dangereux. Au 2ème round, il tente une belle guillotine mais passe la grande majorité du temps sur le dos, ce qui, c'est de notoriété publique, est une très mauvaise idée pour gagner sur décision à l'UFC. En effet, malgré un excellent 3ème round où Brenneman ne peut que se défendre contre différentes clefs, il perd effectivement sur décision unanime. Rick Story, dans sa course rapide vers le titre, glisse sur une peau de banane (en short jaune, en plus) qui s'appelle Charlie Brenneman : combattre 3 semaines après un tête à tête d'un quart d'heure contre Thiago Alves, c'était peut-être un peu ambitieux. Ça a en tout cas donné un coup de pouce bien mérité à son adversaire.


Cheikh Kongo contre Patrick Barry

Les meilleurs low-kicks et middle-kicks de l'UFC sont face à face, le spectacle est garanti. Barry doit se racheter de sa défaite contre Cro Cop après un combat peut-être pas assez acharné, mais il aura fort à faire devant quelqu'un qui, s'il est moins redoutable qu'avant, l'avait emporté sur le kickboxeur croate. Le combat commence bien pour Kongo, son allonge supérieure lui permet de passer des low-kicks que Barry a la mauvaise idée d'oublier de bloquer... jusqu'à ce que l'Américain, alors que Kongo se rapproche parce que son dos était trop près de la cage, envoie un crochet fulgurant qui pulvérise avec une précision impressionnante la tempe de son adversaire. Kongo reste mobile et fait des mouvements d'esquive mais prend la plupart des coups qui suivent, qui sont puissants. En se relevant, il prend un deuxième crochet, le frère jumeau du premier. Il s'écroule encore, mais l'arbitre n'arrête pas le combat. Alors que Barry s'avance pour en finir, c'est lui qui prend un crochet, puis un autre, mais lui ne se relèvera qu'un certain temps après... Un combat magnifique, et à l'image de la carrière récente de Cheick Kongo : il dominait la catégorie, a subi deux grosses défaites à la suite, et sa remontée (plutôt inattendue puisque -comme la plupart des gens- il ne rajeunit pas) semble maintenant bien engagée. L'arbitre a aussi du mérite, en prenant la décision, qui ne s'imposait vraiment pas, de laisser le combat continuer même quand Kongo a été durement touché la deuxième fois. La suite lui a donné raison : le combat n'était pas fini!

mardi 21 juin 2011

Résumé du StrikeforceGP épisode 2 : une "finale prématurée" décevante


Après une longue absence due non pas au bac mais aux partiels (compassion au passage pour ceux qui ont du passer 4 heures à se demander si on pouvait prouver une hypothèse scientifique), me revoilà pour la suite attendue depuis maintenant un certain temps du tournoi poids lourds du Strikeforce : qui rejoindra Antonio Silva et Kharitonov en quarts de finales?


Chad Griggs VS Valentijn Overeem


Le frère d'un des gros favoris du tournoi va avoir fort à faire, avec son nombre de défaites presque aussi élevé que le nombre de victoires, pour ne pas être le 11ème combattant à succomber avant la limite à Chad Griggs.

Au bout d'une minute, Griggs passe une belle projection et arrive en demi-garde. Après une tentative de kimura sans enthousiasme, il lâche et frappe – fort. Overeem abandonne officieusement en tournant le dos, puis officiellement en tapant. Si personne ne niera le niveau de l'Américain, espérons que le cadet Overeem offrira une meilleure performance plus tard dans la soirée.


Daniel Cormier VS Jeff Monson


L'histoire ne dit pas si Jeff Monson, ancien champion d'Abu Dhabi mais aussi anarchiste (il a déjà été condamné pour des tags) préférerait affronter la police en Espagne plutôt que Daniel Cormier. Son grappling devrait en tout cas être mis à l'épreuve face à un lutteur olympique, invaincu en free-fight.

Dès les premières secondes, Cormier montre d'ailleurs qu'il ne lui vient pas à l'idée qu'il pourrait être mis sur le dos, en balançant un high kick. Le round se passera en effet debout. Le style prudent de Cormier lui permet de toucher régulièrement, de plus en plus fort, laissant en particulier deux grosses coupures à Monson sur des coups de coude en clinch. Au deuxième round, le lutteur accélère mais perd en précision. Quand il prend son temps, Monson se transforme en sac de frappe, même si rien de décisif ne touche. Même si une ou deux fois ça ne passe pas loin, Cormier ne parvient pas à endormir le Marchand de sable, qui tente, en désespoir de cause, quelques amenées aux sol vraiment pas crédibles au 3ème round. Une décision sans surprise en faveur de Daniel Cormier, qui a fait l'inventaire d'un arsenal pieds-poings plutôt complet.


KJ Noons VS Jorge Masvidal


Masvidal affronte l'ancien champion poids léger, avec dans son viseur une chance pour le titre contre le champion actuel, Gilbert Melendez. Noons a du mal à s'approcher, jusqu'à ce que Masvidal lui donne l'occasion de passer deux coups de genou, en tentant puis en réussissant une amenée au sol. Après un moment d'immobilité, Noons se relève facilement. Si la domination du round par Masvidal tient surtout à ses jabs (malgré une belle ouverture au front sur un coup de genou vite parti), le combat change radicalement de ton à 30 secondes de la fin sur un high kick : pas assez de dégâts pour porter le coup de grâce en si peu de temps, mais Noons va devoir changer de stratégie très très vite, et surtout bien lever sa garde s'il a encore l'intention de passer des crochets au corps.

Contre toute attente, Noons boxe mieux au début du 2ème round (son entraineur saura quoi faire la prochaine fois...). Mais ça ne dure pas longtemps : une amenée au sol plus tard, Masvidal entreprend de lui couper la tête en deux avec ses coudes. De retour debout, c'est encore Masvidal qui a l'avantage en boxe. Et s'il finit le round sur le dos suite à un échange maladroit en lutte, c'est plus le sang que les coups de son adversaire qui lui tombent dessus. Si la prudence interdit pour l'instant de prédire l'issue du combat, on sait déjà, en voyant le visage de Noons qui ressemble de plus en plus à celui d'Elephant Man, que le pharmacien le plus proche va faire fortune en vente d'aspirines. Masvidal commençant à sentir la fatigue, le dernier round est moins spectaculaire, mais rien de ce qui s'y passe ne peut justifier de renverser la décision en faveur de Noons.


Josh Barnett contre Brett Rogers


Si le combat entre Werdum et Overeem est souvent évoqué comme un combat entre frappeur et grappler, c'est en fait plus le cas pour celui-ci: Barnett est réputé pour ses projections spectaculaires et, entre autres, ses clefs de cheville, alors que les directs lourds de Rogers sont pour beaucoup dans son ascension éclair. Et les deux combattants ont de mauvais souvenirs à faire oublier à leur public : Barnett, contrôlé positif aux stéroïdes (pas pour la première fois), avait fait par un effet de dominos tout l'event où il devait affronter Fedor. Moins grave, mais décevant, Rogers vient de subir une défaite éclair contre Overeem dans un combat où sa stratégie semblait surtout consister à prier.


Malgré la tentative de Rogers de s'accrocher au sommet de la cage, il ne lui faut que 40 secondes pour se retrouver sur le dos, passé en garde latérale. Barnett a tout son temps et le prend, passe tranquillement à cheval en laissant son adversaire se débattre et se fatiguer. C'est le gong qui libérera Rogers, qui aura encaissé quelques coups mais pas trop, alors que Barnett était très très prudent (limite paresseux) sur les tentatives de clef.


Surprise, Rogers, dont les jabs étaient en effet un peu lents, mange un crochet au début du deuxième round et a l'idée, aussi mauvaise qu'inattendue, de tenter une projection : le revoilà sur le dos, cette fois en 20 secondes, avec Barnett à cheval sur lui et après avoir pris un coup. Une erreur technique plus tard, Rogers tape sur un étranglement (triangle avec les bras) et subit sa troisième défaite consécutive, continuant d'égratigner sa belle success story (les commentateurs ne se lassent pas de rappeler qu'il était payé pour changer des pneus il n'y a pas si longtemps) qui si elle reste admirable ne tient plus vraiment du compte de fées.


Barnett rejoint brillamment Kharitonov pour un gros test, qui sera sûrement une autre opposition frappeur contre grappler.


Alistair Overeem contre Fabrizio Werdum


Werdum a battu Overeem au Pride il y a 5 ans. Depuis, Overeem terrifie tout le monde avec ses frappes, avec lesquelles il fait de gros dégâts même au K-1, et a beaucoup travaillé son grappling. Werdum, de son côté, a battu Fedor... en moins de 2 minutes. C'est sur le papier, et de loin, le plus relevé des quarts de finale, très largement digne d'une finale. On peut presque parler de dream fight, puisqu'on a le champion K-1 (et champion en titre du Strikeforce) contre le champion ADCC de sa catégorie.


Werdum, s'il tente assez tôt d'aller au sol, ne semble pas si intimidé debout et passe même le premier coup de genou. Après une tentative ratée, il fait signe en rigolant à Overeem de le suivre... sans surprises, le Hollandais décline l'invitation. Les tentatives (très) répétées finissent par payer : quelques low kicks passés et un coup de genou au corps encaissé plus tard, le Brésilien parvient cette fois-ci à saisir son adversaire (dans une butterfly guard qui s'annonce difficile à garder longtemps...) quand il se laisse tomber sur le dos. Ça dure au moins une demi-seconde, avant de repartir debout. La seconde amenée au sol, du même genre, montre qu'Overeem a l'air d'avoir beaucoup travaillé les sorties de garde pour se relever. Werdum n'aura droit qu'à 10 secondes de sol sur la fin. S'il a été un peu relou à se mettre tout seul sur le dos à répétition, le round devrait quand même lui revenir : il a beaucoup plus touché, en particulier en low-kicks, Overeem traîne pour se décider à boxer vraiment.


Plus d'action au 2ème round, mais là encore c'est Werdum qui touche le plus, même s'il prend un gros coup de genou au corps. Overeem confirme qu'il sait bien se relever quand il parvient, tombé sur le dos, à empêcher son adversaire de verrouiller sa position. Après un clinch qui s'est mal passé pour lui, et une énième fois où Werdum s'est mis tout seul sur le dos mais a semblé vraiment fatigué au moment de se relever, le Hollandais commence à sortir les crochets, et cogne fort. Il a d'ailleurs l'air d'estimer qu'il a fait des dégâts, ou que Werdum est vraiment épuisé, puisqu'il l'accompagne au sol peu après. Difficile de désigner un vainqueur à ce round, mais la balance devrait plutôt pencher en faveur d'Overeem qui a passé des gros coups (crochets et genoux). La suite ne s'annonce pas vraiment bien pour le Brésilien qui, épuisé, a l'air d'être au moins au 20ème round, et qui au sol est bien moins décisif que contre Fedor.


Les directs de Werdum passent plus souvent au 3ème round, et Overeem passe plus de temps au sol mais sans paraître être en danger. Le round se termine sur une tentative de clef de genou qu'il faut beaucoup d'imagination pour trouver dangereuse. Si les frappes de Werdum n'ont pas fait beaucoup de dégâts, c'est quand même lui qui a le plus touché sur l'ensemble du combat. Il doit toutefois espérer que sa fatigue apparente et ses roulades presque constantes n'ont pas paru trop suspectes aux juges. Mais c'est le cas, et Antonio Silva est rejoint par un Alistair Overeem qui n'a pas vraiment mérité sa victoire.

jeudi 2 juin 2011

Citation du mois : juin 2011


"Les excuses, c'est comme un cul, on en a tous un."
Proverbe (brésilien?) rapporté par Norman Paraisy dans un interview accordée à ikusa.fr

dimanche 15 mai 2011

TUF 13 : première partie

Examens universitaires approchant, les posts se sont espacés sur le blog et ça va continuer au moins jusqu'à mi-juin. Je n'ai donc rien écrit ici sur le front kick sauté cinématographique qui a (en théorie) mis fin à la carrière de Couture dans l'octogone (à même pas 48 ans... petit joueur), ni sur la nouvelle défense de titre de GSP qui fait le vraiment le ménage, faute de faire le spectacle, dans la catégorie welterweight. Je vais quand même écrire quelques lignes sur la première partie de la saison d'Ultimate Fighter en cours, saison gâchée tout récemment par l'annonce de la rechute de Brock Lesnar dans la maladie qui avait mis sa carrière en danger récemment : Lesnar et Dos Santos se sont affrontés en football américain, mais c'est Shane Carwin qui fera face au "coach" brésilien pour une chance de prendre la ceinture à Cain Velasquez. Coup de chance pour les quarts de finale : chaque équipe a encore 4 combattants en lice.

Clay Harvison (Team Lesnar) contre Ramsey Nijem (Team Dos Santos)

Harvison a montré contre Mick Bowman à quel point son niveau était solide en pieds-poings, et a aussi fait preuve d'un mental sans défauts en remportant le combat avec, sur la fin, un doigt déboité (en bloquant mal un middle-kick). Restent deux interrogations : qu'est-ce qu'il vaut en lutte et au sol, et est-ce qu'il aura pu se préparer correctement avec une blessure, récente en plus, si handicapante? Son adversaire est l'une des personnalités les moins discrètes de la saison : inventeur du strip-billard (il semble avoir perdu la partie très vite!), on a aussi pu le voir demander avec insistance à Shamar Bailey de lui étaler de la crème dans le dos, sans parler de ses ongles de pieds vernis (en rose à paillettes) la plupart du temps (moment collector : la tête de Brock Lesnar, quand il s'en est aperçu à la pesée). Mais ce frère caché de Brüno se transforme en pitbull à la seconde où il pose les pieds (décorés) dans l'octogone : la détermination qui se lit dans son regarde se confirme à l'instant où il saisit son adversaire... à moins d'une intervention de l'arbitre, un pied-de-biche semble nécessaire pour le faire lâcher. C'est cette détermination qui lui a permis d'écraser Charlie Rader, qui a préféré se faire pourrir par Lesnar après le combat que retrouver sa combativité et faire face, c'est dire si Ramsey Nijem peut être effrayant quand il ne fait pas le clown!
ça parait impossible de voir Harvison pris en défaut au niveau de la détermination, mais sa blessure, et à mon avis son infériorité en lutte, devraient permettre à Nijem de se hisser en demi-finale.

Chris Cope (Team Lesnar) contre Shamar Bailey (Team Dos Santos)

Une surprise peut toujours arriver, mais ce combat semble être de loin le plus facile à pronostiquer. 6ème choix sur 7 de Brock Lesnar, Cope a eu besoin d'un extra-round pour remporter son 8ème de finale, qui était d'ailleurs soporifique. Aucun doute à avoir sur son cardio, mais quand on voit comment Bailey (choix n°1 de Dos Santos, et ça semble justifié) faisait ce qu'il voulait de son adversaire (sauf gagner avant la limite, paraît-il pour ne pas montrer aux autres l'étendue de ses techniques... on va bientôt savoir si c'était vrai), on se dit que ça ne va pas suffire. Et comme si ça ne suffisait pas, le pasteur raciste (très perturbé par la nationalité allemande dont son adversaire précédent était si fier) a envie depuis un moment de défoncer la gueule de Cope, qui a l'habitude originale de pousser des cris pour se défouler, en particulier le matin.

Chuck O'Neil (Team Lesnar) contre Zack Davis (Team Dos Santos)

Dana White m'agace vraiment sur ce coup là, parce que je n'aime pas les revanches, et si le 8ème de finales était spectaculaire (Zach Davis avait gagné au 1er round sur un beau triangle), le résultat était très clair (triangle au 1er round, on est d'accord pour dire que c'est clair quand même, non?). O'Neil revient en tout cas de loin, vu qu'il est arrivé en tant que remplaçant, puis qu'il a été repêché à la Wild Card. S'il gagne cette revanche, qui n'a pas besoin de dépasser l'intensité du 1er match pour être une guerre, on pourra vraiment dire qu'il a gagné sa place en demi-finale à la sueur de son front.

Tony Ferguson (Team Lesnar) contre Ryan McGillivray (Team Dos Santos)

Auteur du seul KO des 8èmes de finales, le combat n'était pourtant vraiment pas à l'avantage de Ferguson quand il a envoyé, alors qu'il était sur le dos, son talon sur la tempe de Justin Edwards, et avec ce talon 90 jours de suspension qui l'ont privé de la Wild Card. Ryan McGillivray, qui a éliminé dès le 1er tour sur décision serrée le favori de Brock Lesnar pourtant en forme, ne devrait pas se laisser avoir comme ça, et trouvera probablement le quart de finale plus facile que le 8ème.

On sera en partie renseignés dans la nuit de mercredi à jeudi, mais pour moi 3 combattants en particulier se dégagent dans cette saison : Ramsey Nijem, Ryan McGillivray et Shamar Bailey. Bailey, même s'il faut à mon avis s'attendre à le voir faire du lay'n'pray jusqu'à la fin, me semble être un cran au dessus des autres. Et s'il l'emporte, j'espère que Dana White le mettra rapidement contre Martin Kampann histoire qu'il se prenne une raclée, ça lui apprendra à faire des combats chiants et surtout à dire des conneries sur les Européens.

Citation du mois


"Quand on a la tête en forme de marteau, on voit tous les problèmes sous forme de clous."
Albert Einstein

vendredi 8 avril 2011

Combats historiques n°1 : Daiju Takase VS Emmanuel Yarbrough (24/06/1998)


Au Pride 3, succédant à un combat très engagé, ayant débouché sur une égalité, entre Akira Shoji et Daijiro Matsui ayant déjà assuré leur grande popularité, deux combattants se sont affrontés malgré une différence de poids de près de 200 kilos (180 kilos environ d'après les pesées officielles, l'Américain pesant 600 livres et le Japonais 209), à ma connaissance la plus importante de l'histoire du free-fight. Pour situer un peu, 200 kilos, c'est plus que le poids de Bob Sapp ! Si «The Beast» n'était pas encore occupé à faire du football américain à l'époque, on aurait donc pu dire qu'il y avait plus d'un Bob Sapp de différence de poids.

Yarbrough vient, comme son poids le laisse supposer, du sumo. Il a pourtant déjà laissé une trace dans les mémoires à l'UFC 3 contre Keith Hackney, non pas par une performance exceptionnelle (il s'est fait mettre KO en 2 minutes), mais en ouvrant, avec son poids et celui de son adversaire, la porte du fameux octogone en plein combat. Lors de la présentation de l'UFC 4, l'accent a d'ailleurs été lourdement mis sur les portes nouvellement renforcées.

Takase, lui, livre (en tout cas d'après sherdog) son premier combat... on peut légitimement parler de baptême du feu!

Mais le gong sonne et... le public peut commencer à s'ennuyer. Takase tourne (parfois en courant) autour de Yarbrough, stratégie pertinente mais qui n'est pas non plus très fructueuse, puisque le moindre direct de Yarbrough le convainc de reculer. La prudence l'obligeant à donner une grande priorité à la défense plutôt qu'à l'attaque, il ratera sa cible pourtant massive lors de ses rares tentatives de frappe (les laveurs de carreau de La Tour Montparnasse Infernale auraient fait remarquer qu'il raterait une vache dans un boudoir). L'Américain, lui, s'approche mais lentement (laissant largement à son adversaire le temps de tourner... il le fera même, une fois, pour une raison inconnue, en faisant une roulade, ou encore son protège-dents à la main!), et quand il n'envoie pas ses directs pas très fulgurants (soit la plupart du temps), reste les bras le long du corps. Lorsque le round se termine, Takase n'aura passé en tout et pour tout que 4 ou 5 low kicks, laissant largement le temps à Stephen Quadros et Bas Rutten de faire un certain nombre de blagues sur le poids de Yarbrough.

Le deuxième round démarre de façon explosive : Yarbrough tente de saisir son adversaire! Celui-ci se dégage, fin de l'explosion, le round continue comme le premier, Takase étant même encore plus prudent après ce début de round qui, convenons-en, ne devait pas être rassurant. Le manque d'action contraint l'arbitre à sortir un carton jaune qui revient au Japonais, l'Américain ayant été bien plus actif qu'au premier round (pas dans la mesure où il attaquait plus, ou qu'il avait moins les bras le long du corps, mais dans la mesure où il avançait continuellement, au lieu de passer une bonne partie du temps à attendre comme au round précédent). L'effet sur Takase est radical : il fait une plongée qui semble suicidaire dans les jambes de Yarbough, et saisit un mollet qui doit faire à peu près son tour de poitrine. Le sumo, qui étant un sumo doit avoir l'habitude de se faire saisir, n'a qu'à se laisser tomber en avant pour contraindre son adversaire, qui se redresse d'urgence pour ne pas être plié en deux, à lâcher. Takase, pendant que les commentateurs paniquent, parvient à se rasseoir, à dégager une jambe, puis l'autre, en passant quelques coups, alors que Yarbrough reste à plat ventre. Il n'a qu'à envoyer quelques frappes supplémentaires sur un adversaire qui ne se relève pas pour le faire taper, obtenant, chose encore plus inattendue à la fin du premier round qu'au début du combat, une victoire avant la limite. C'était incroyable, ça tenait du film ou de la bande dessinée, mais qu'est-ce que c'était chiant!

Yarbrough ne fera plus d'étincelles dans le monde du free-fight. On pourra tout de même voir son sosie affronter le personnage principal dans le manga Tough (dans une version dopée aux super-stéroïdes, rapide et explosif, la graisse presque entièrement remplacée par des muscles), ou encore l'entrevoir en pyromane gay dans les dernières saisons de Oz. Quand à Takase, contrairement à par exemple Shoji pour son match nul contre Renzo Gracie ou Otsuka pour sa victoire par forfait sur un Marco Ruas qui avait 40 de fièvre et qui l'avait quand même tabassé au 1er round, cette victoire marquante ne lui garantira pas une longue carrière au Pride. Son palmarès très moyen (9 victoires 13 défaites 2 nuls, et son dernier combat datant de 2010 rien ne dit qu'on ne le reverra pas) ne fait pas justice à son niveau, puisque parmi ses victoires, en plus de celle-ci, il y en a une sur étranglement en triangle contre... un certain Anderson Silva. Et, quoi qu'on en dise, ces combattants auront battu un record (même pour Royce Gracie contre Akebono, la différence de poids était moins importante), en plus d'être sans doute, derrière le fameux Antonio Inoki/Mohammed Ali, le combat soporifique le plus mémorable.