vendredi 27 février 2009

K-1 World Max Japan GP


Le 23 février avait lieu le championnat du Japon de K-1 - de 70 kilos, avec à la clef une place en championnats du monde (d'où l'absence dans le tournoi de certains combattants comme Sato ou Masato qui sont qualifiés d'office ou presque). Résumé du tournoi, sans les superfights parce que j'ai la flemme ^^

Quart de finale 1: HAYATO VS NAGASHIMA

Dès les premières secondes les poings de Nagashima s’abattent avec précision sur le corps et le visage de Hayato, qui mettra un moment avant de se ressaisir et de lever les genoux, provoquant presque immédiatement une coupure qui lui permettra de récupérer. Les échanges seront plus variés et équilibrés sur la suite du round, avant qu’un direct de Nagashima ne passe en travers du menton d’Hayato sur le contre d’un crochet. Hayato se relève, mais son adversaire repart comme au début du round, décidé à lui offrir un second voyage au tapis. Le temps de se ressaisir, Hayato répond sur le même ton à un adversaire qui touche mais ne semble plus avoir de jus. La coupure de Nagashima s’est rouverte au moment où le round s’arrête.
Le second round s'ouvre sur un coup de pied aux parties subi par Nagashima, mais il se remet en quelques secondes. Le vainqueur du premier round se décide à sortir les jambes, juste assez pour faire diversion: un timide low-kick jambe avant lui permet d’envoyer à nouveau Hayato, maintenant contraint au KO pour une chance de victoire, au tapis sur un crochet. Le KO aura d’ailleurs lui très peu de temps après, mais sera subi et non infligé par Hayato: sa tentative de coup de genou sauté sera contrée par un direct du droit, Nagashima gagne par TKO

Quart de finale 2:TATSUJI CONTRE YAMAMOTO

Yamamoto entame le round en attaquant avec ses jambes, les poings en garde de la tortue pour éviter de subir les contres. Tatsuji contourne le problème, au propre et au figuré, avec des crochets au corps qui soit passent soit ouvrent la garde, permettant d’attaquer au visage. La garde de la tortue est transformée en journée portes ouvertes. Si les low-kicks de Yamamoto claquent bien, ses middle-kick semblent surtout laisser des ouvertures à des contres. Lorsqu’il se décide à sortir ses poings les attaques passent beaucoup mieux, mais la plupart du temps Yamamoto fait plutôt office de cible. Il va d’ailleurs terminer le round en encaissant plusieurs crochets de suite.
Le deuxième round montre un Yamamoto bien plus offensif, mais la différence de niveau est toujours aussi nette et il devient visible que les poings de Tatsuji commencent à lui faire mal, jusqu’à ce qu’un backfist ne passe soudainement, plein pot, faisant une seconde tituber celui qui avait un net avantage. Tatsuji, cependant, plie mais ne rompt pas, et Yamamoto, s’il n’est pas ralenti par la volée de poings qui s’abat sur lui depuis 6 minutes, retourne quand le gong sonne dans son coin pour récupérer avant un troisième round qui s’annonce mal.
Yamamoto entame cette dernière reprise en renouvelant sa stratégie du premier round, avec plus de succès car, si malheureusement pour la cuisse (entre autres) de Tatsuji ses jambes partent aussi vite et fort qu’au début du combat, son adversaire n’a plus le timing pour gêner et contrer les attaques. Les poings de Tatsuji touchent toujours au corps et au visage, mais Yamamoto ne s’en préoccupe pas et continue d’abattre ses jambes sur son adversaire, passant même un high kick jambe avant. Le round s’achève sur un échange de coups de poings engagé, mais personne n’obtiendra le down qui aurait clairement pu départager. Un juge donne la victoire finale à Yamamoto, les deux autres considère qu’il y a égalité, donnant lieu à un quatrième round où le mental aura sans doute un poids non négligeable.
Yamamoto se décide enfin à ne pas prendre tous les coups de poings de son adversaire: s’il attaque toujours avec ses jambes, il se maintient à distance prudente, et contre-attaque lorsque la distance le contraint aux échanges de poings. Il abat de nombreuses fois son tibia sur la cuisse de son adversaire, et passe deux fois son high kick jambe avant, mais c’est sur un jab en contre qu’il obtiendra le knock down qui lui fait gagner sa place en demi-finales.

Quart de finale 3:HINATA CONTRE KIDO

Kido passera la plupart du round dans le coin à subir les attaques enthousiastes de son adversaire, qui tente de passer pieds et poings en force. Peu d’attaques de Hinata vont effectivement toucher, mais Kido semble tout de même amorphe. Ce n’est que 45 secondes avant la fin du round, lorsqu’un de ses coups de genou sautés mettra Hinata sur les fesses (compté comme une glissade), qu’il se décidera à contre-attaquer plus systématiquement. Son adversaire semble soudain beaucoup moins à l’aise.
Hinata subit un knock down dans la première minute du deuxième round (coup de genou au visage suivi de crochets), mais ne se décourage pas. Le round se poursuivra sur des échanges violents sans qu’un des combattants ne se démarque vraiment.
La troisième reprise ressemble aux deux premières, dans un style statique où Hinata se poste à distance pour envoyer ses attaques que Kido tente de contrer. Il faut attendre les trente dernières secondes pour voir Kido se jeter sur son adversaire, qui lui fait comprendre explicitement qu’il a de quoi le recevoir.
Un juge donne Kido vainqueur, les deux autres ont besoin d’un round supplémentaire pour départager les deux adversaires.
Kido se montre plus offensif, ce qui dérange son adversaire et son style statique. Décision unanime pour Kido à l’issue de l’extra-round.

Quart de finale 4:OLOGUN CONTRE KOHIRUIMAKI

Ologun démarre avec un point de retard car il n’a pas pu descendre sous la limite de poids. Beaucoup d’accrochages dans ce combat, remporté finalement sur décision (2-0) par Kohiruimaki.

Demi-finale 1:NAGASHIMA CONTRE YAMAMOTO

Un premier round dominé par un Nagashima très mobile qui attaque principalement avec ses poings et varie les angles de frappe. Il lèvera aussi les genoux à 30 secondes de la fin, et Yamamoto échappera de justesse à un knockdown en encaissant un crochet à la dernière seconde.
Peut-être réveillé par le crochet, Yamamoto entame le deuxième round avec une agressivité qui lui réussit, même si Nagashima reste largement dans le combat. Un contre enverra tout de même Nagashima au tapis, lui mettant la pression pour le 3ème round. Décidé à rattraper son retard aux points, il se lancera poings en avant dans des échanges dans lequel il dépense toute son énergie… ce qui diminue considérablement sa défense quand son adversaire est encore debout au bout des 30 secondes qu’aura duré la charge. C’est cependant une coupure qui date du premier combat et saignant trop abondamment qui le privera sur arrêt médical e la victoire et d’une place en finale, le genre de fin qui ne satisfait pas grand monde.

Demi-finale 2:KIDO CONTRE KOHIRUIMAKI

Le premier round démarre sur des échanges à distance, Kohiruimaki prudent touchant peu mais évitant la totalité des attaques. Les échanges vont radicalement s’intensifier à 20 secondes de la fin, quand Kido aura fini par réussir à frapper Kohiruimaki alors bloqué dans le coin du ring. La riposte ne se fait pas attendre, mais le gong sonne pour séparer les combattants.
Kohiruimaki, toujours aussi remonté au départ du deuxième round, envoie pieds et poings sur son adversaire à une cadence soutenue, lui infligeant en une minute les deux voyages au tapis nécessaires pour gagner le combat. Un coup de genou au visage est passé pendant l’un des knockdowns alors que Kido était déjà au tapis, mais l’action échappe à l’arbitre et personne ne proteste.

Finale:KOHIRUIMAKI CONTRE YAMAMOTO

Bien qu’ayant déjà un nombre conséquent de rounds dans les jambes, les deux combattants ne font pas dans l’économie lors de ce premier round. Pas d’observation, pas d’attitude défensive, les poings (et un peu le reste aussi) partent. Kohiruimaki creuse l’écart quand il sort les genoux, qui vont partir très haut et d’abattre une dizaine de fois sur le visage de Yamamoto qui finira au tapis mais réussira à se relever après un décompte de 8.
Le second round voit Yamamoto avancer sur un adversaire qui se contente de reculer, les bras le long du corps… mais accroche dès qu’il en a l’occasion pour sortir les genoux, et enchaîne les crochets dès que l’autre ralentit. Kohiruimaki passe plusieurs attaques plutôt puissantes dominant très largement ce deuxième round. A moins d’un KO, Yamamoto ne représentera pas le Japon lors du championnat du monde. Cela semble toutefois compromis, d’autant que Kohiruimaki ne semble pas contre l’idée de terminer le combat avant la limite de temps, avec notamment une tentative de high kick qui ne passe pas loin. Pourtant Yamamoto ne se décourage pas, et sa ténacité est récompensée par un direct qui ne provoque pas le KO nécessaire mais un knock down qui reste bienvenu. Restent deux minutes à tenir debout pour Kohiruimaki, pas grand-chose à l’échelle d’un tournoi mais deux minutes, ça peut être très long. Il ne fait toutefois pas le pari dangereux de rester défensif. Pourtant, malgré pied, poings et genoux qui percutent son visage, Yamamoto reste debout et continue d’envoyer directs et crochets, dans un style qui n’est pas sans rappeler celui de Cyril Abidi. Les deux minutes finissent par passer, et la décision va logiquement à Kohiruimaki, mais il ne paraît pas aberrant de dire qu’il y a deux vainqueurs dans ce combat, même s’il n’y a qu’une seule place pour le Grand Prix.

vendredi 13 février 2009

Toujours officiellement invincible


Le 24 janvier 2009, le Russe Emelianenko Fedor remettait en jeu son titre officieux d'homme le plus fort du monde pour le championnat poids lourds de l'organisation Affliction contre Andreï Arlovski. Une défaite de cet extra-terrestre, sorti de nulle part avec une polyvalence et un calme surhumains, modifierait le visage de la planête MMA, d'autant que ce soir à priori rien de bien terrible sur le papier pour quelqu'un qui l'a emporté sur Cro Cop, Nogueira, Tim Sylvia, Mark Coleman, ... Arlovski et son nouvel entraîneur de boxe semblent pourtant bien sûrs d'eux et répètent dans les interviews que le combattant de la Red Devil n'est pas si bon que ça en boxe anglaise (ils auraient mieux fait de le dire plus tôt, car ses adversaires précédents n'avaient pas l'air d'être au courant) et qu'il est probablement affaibli mentalement par sa défaite récente en Sambo.

Si ces arguments peuvent faire sourire, le début du combat paraît leur donner raison. Les jabs et les low-kicks passent et, si Fedor est toujours aussi imperturbable qu'à son habitude, il ne semble pas trouver de solution. Les crochets par dessus la garde, compromis par la différence de taille, ne passent effectivement pas. Le Russe parvient à adosser son adversaire contre la corde pour pouvoir l'accrocher et tenter une projection, mais malgré son niveau dans ce domaine (titres internationaux en judo et sambo) ça ne passe pas non plus. Arlovski, moins calme que son adversaire, se laisse emporter par la situation. Après avoir poussé son adversaire dans l'angle avec un front kick, il a l'idée dangereuse de tenter un coup de genou sauté, qui en plus de laisser des ouvertures rompt la distance de combat qui lui était si favorable. Fedor ne lui laissera pas le luxe de faire une deuxième erreur. Son poing percute le menton du Biélorusse qui atterrira face contre terre.

Ce n'est donc pas Arlovski qui entrera dans l'histoire du MMA en détruisant l'aura d'invicibilité de Fedor. Vainqueur de son propre combat plus tôt dans la soirée, Josh Barnett est le prochain adversaire le plus plausible. Expérimenté (29 combats dont une victoire sur Rodrigo Nogueira et une autre par soumission sur l'imposant frère de Fedor) et pouvant s'ennorgueillir d'un haut niveau en lutte, l'Américain est certes en mesure d'offrir un combat intéressant, mais un affrontement contre Couture (même s'il sort d'une défaite) ou encore Frank Mir (qui a fait l'exploit de mettre Nogueira KO) serait plus légitime pour un statut d'homme le plus fort du monde.

jeudi 29 janvier 2009

Kazushi "39" Sakuraba


Background: Catch (japonais)
Organisation(s): Pride puis Dream
Plus grande victoire: destruction du mythe Gracie en 4 victoires. Tout commence avec le combat contre Royler Gracie, remporté sur un arrêt de l'arbitre complètement injustifié mais après une domination écrasante, voire humiliante. La famille envoie Royce pour remettre les choses au clair: la terreur des premiers UFC, qui aura négocié ses propres règles, abandonne en quarts de finale du K-1GP 2000 au bout d'une heure et demie de combat, où il se sera entre autres fait baisser son pantalon et mettre son haut de kimono sur la tête. Renzo se fera un peu plus tard déboîter le coude, et Ryan, malgré son agressivité debout supérieure à celle de ses frères, perdra sur décision en prenant une fessée (au sens propre!) au passage
Plus grande défaite: tout le monde s'accordera probablement pour dire que les trois défaites contre Wanderlei Silva ont fait beaucoup de mal à la carrière de Saku. Elles ont en tout cas été la cause de trois voyages à l'hôpital. Sakuraba, qui paraissait invincible à l'époque, fait les frais au Pride 13 de l'introdution au Pride des soccer kicks et de l'assouplissement des règles sur les coups de genou au sol. Lors de la revanche, le Japonais domine mais subit un slam sur une tentative de triangle. Son épaule mettra plusieurs mois à s'en remettre. La troisième fois, une prise de poids conséquente et un énorme entraînement spécifique (Sakuraba annonçait 6 heures d'entraînement quotidien en plus de son programme habituel) n'empêcheront pas le Brésilien de l'emporter violemment une troisième fois sur un crochet au menton. Un quatrième combat était programmé, mais le Japonais se blessera peu avant, remplacé par Mark Hunt. Ses fans n'ont pour la plupart pas dû regretter cette annulation.
Point fort: l'originalité. Si le fait de créer le spectacle, sur le ring comme en dehors, est un booster non négligeable pour une carrière au Japon, Sakuraba est un des rares combattants à savoir lier à ce point spectaculaire et efficace. Ses nombreuses façons d'attaquer un adversaire au sol, la variété de ses attaques pieds poings tout en ayant une garde basse et des amenées au sol efficaces si besoin, son double coup de paume en ground and pound repris par d'autres combattants... lui ont permis de prendre de nombreux adversaires au dépourvu sans faire de sacrifice au niveau de la puissance des attaques, tout en faisant plaisir au fan.
Point faible: la santé. L'alcoolisme n'est pas connu pour être extraordinaire pour booster une carrière de combattant pro. Les KO trop violents non plus. Le fait de combattre au Pride (deux catégories de poids, + et - de 93 kilos) a fait que Sakuraba a souvent combattu des adversaires bien plus lourds que lui mais figuraient pourtant dans le top de la catégorie (Silva bien sûr mais aussi Rogerio Nogueira, Arona, ...), quand il n'affrontait pas des adversaires d'une catégorie différente (Vovchanchin, Cro Cop, ...). Son corps en porte bien entendu les séquelles, et de nombreux fans rêvent depuis un moment de le voir prendre sa retraite, en particulier depuis sa défaite contre Rogerio Nogueira. Sakuraba a largement démontré qu'il avait encore un bon niveau (victoires larges contre Minowa ou Funaki), mais aura bientôt 40 ans et est nettement moins bien conservé que Couture. Quand à l'aura d'invincibilité qui l'entourait au début de sa carrière, elle a complétement disparu.
What's next? Le fait d'être sur deux défaites consécutives n'empêcheront probablement pas Sakuraba de remonter sur le ring, voire de participer au prochain Grand Prix du Dream, au risque d'aggraver encore son état de santé. Ce combattant a fait rêver énormément de fans, mais personne ne croit plus à l'exploit. Et puis ne serait-ce pas une bonne idée que Sakuraba, surnommé 39 à cause de la ressemblance phonétique entre son nom (Saku) et le mot 39 en Japonais, s'arrête à son 39ème combat?

mardi 13 janvier 2009

Surprises de fin d'année

L'UFC et le Dream (version free-fight de l'organisation K-1) ont chacun de leur côté organisé un gros event pour finir l'année... chacun a comporté des surprises de taille. Commençons par l'UFC et le troisième combat, tant attendu pour le spectacle qui s'annonçait, entre Quinton Jackson et Wanderlei Silva. 3 minutes 21 secondes vont suffire à l'Américain, qui s'était fait atomiser lors des deux premiers affrontements, pour prouver avec un crochet que la suprématie de Silva a disparu avec le Pride. Plus de coups de genou au sol, plus de soccer kicks, le challenge va être terrible à relever pour le Axe Murderer qui a perdu quatre de ses cinq derniers combats. Mais, résultat encore plus surprenant dans ce même UFC, celui de l'affrontement entre Rodrigo Nogueira et Frank Mir. Le combat s'annonçait serré entre ces deux spécialistes du sol redoutables aussi debout, mais il est très probable que personne ne s'attendait à voir Nogueira finir KO. Le Brésilien est certes réputé pour être mauvais en amenées au sol, mais son niveau en boxe suffisait en général à compenser cet inconvénient, et surtout il a démontré à plusieurs reprises et à ses dépends qu'il était l'un des plus gros encaisseurs du circuit. Mir réussit donc, dans un domaine qui n'est à priori pas sa spécialité (le combat debout), à réussir là où Bob Sapp, Cro Cop, Fedor et Tim Sylvia ont échoué. Pour la première fois de sa carrière, Minotauro s'incline avant la limite. Brock Lesnar, qui devait affronter le vainqueur de l'affrontement, est dans la merde... On peut aussi s'inquiéter pour les futurs adversaires de Nogueira, car quand on connaît l'orgueil de ce combattant on peut s'attendre à un retour en force. Cet UFC s'est achevé avec un titre Light Heavyweight qui change de mains, l'invaincu Rashad Evans s'empare de la nouvelle ceinture de Forrest Griffin. Etant donné le niveau dans cette catégorie de poids (Wanderlei Silva et Chuck Liddle ne sont pas des candidats plausibles au titre, c'est dire!) on peut douter qu'elle sera toujours autour de sa taille fin 2009. La surprise la plus notable du Dream concernait les trois combats de kickboxing organisés entre un kickboxer et un représentant du combat libre: Tatsuya Kawajiri contre Kozo Takeda, Gegard Musasi (champion dans sa catégorie au Dream) contre Musashi, et Alistair Overeem contre Badr Hari (finaliste du K-1 GP quand même!). Les trois combattants du free-fight l'ont emporté par KO! Dans le même genre, Melvin Manhoef, bien plus léger que son adversaire et prévenu au dernier moment, se débarasse avec Mark Hunt du plus gros encaisseur de l'histoire du K-1 (kickboxing) en 18 secondes seulement... le crochet de Vovchanchin fait figure d'éternuement en comparaison. Une belle fin d'année, en attendant le retour de Fedor le 24 janvier.

mardi 30 décembre 2008

Reprise!


Après une période tellement active avec deux entraînements en 4 semaines (8 jours d'arrêts pour un rhume, deux entraînements pour reprendre, une semaine d'arrêt dûs à une tendinite provoquée par lesdits deux entraînements, et encore une semaine d'arrêt parce qu'après tout ça j'avais la flemme de reprendre), je m'y suis enfin remis pour de vrai avec une séance de pattes d'ours.

Mes bras l'ont senti passé, mon cardio est toujours aussi catastrophique, mais franchement je m'attendais à pire. Mais le pire reste à venir demain: je vais devoir enfiler les chaussures adéquates et aller COURIR!

vendredi 12 décembre 2008

Nouvelle blessure


Mon genou semble avoir déprécié une reprise un peu trop rapide (et sans doute aussi un excès de sucreries, peut-être un manque d'échauffement...), le médecin m'a diagnostiqué une tendinite rotulienne.

ça a l'air beaucoup moins grave que la déchirure musculaire, même si c'est agaçant de s'arrêter à nouveau (sur le coup j'étais tenté de taper avec un marteau sur ce genou qui m'énervait mais ça aurait été douloureux et pas très productif... et puis de toutes façons je n'avais pas de marteau à portée de main). J'ai l'air vraiment stupide quand j'essaye de me baisser, et mon cardio doit maintenant être condamné à redevenir aussi désespérant qu'avant (en attendant de pouvoir rectifier le tir). Au moins ça me garantit une prise de poids encore plus importante avec les fêtes de Noël, sans m'entraîner je vais progresser en force de frappe et encaisse O:)

dimanche 7 décembre 2008

Résumé du K-1GP 2008

Peter Aerts contre Badr Hari Les premiers coups échangés sont déjà intenses, les deux combattants semblent avoir pleinement conscience du niveau de leur adversaire tout en étant déterminés à vaincre. Alors qu'Aerts titube à peine suite à un direct de Hari, le Marocain se jette pour l'achever. S'ensuivra un down qui pèsera lourd dans une éventuelle décision, même si le Hollandais semble avoir récupéré bien avant la fin du décompte. Hari se jette à nouveau, sans prendre la peine de bloquer les low-kicks mais en se tenant tout de même à distance suffisante pour éviter les accrochages et les coups de genou qui risqueraient de suivre (le problème quand on affronte Aerts c'est que tous les domaines du combat sont ses points forts). L'attaque ne lui permettra pas d'obtenir le nouveau down qui l'aurait qualifié pour les demi-finales. Le reste du round se passera principalement en échange de directs, à distance plus prudente. Le Marocain ne prend toujours pas la peine de bloquer les low-kicks qui s'abattent régulièrement sur lui... il va sans doute regretter d'avoir des cuisses demain! Aerts est une nouvelle fois touché en anglaise sur le début du deuxième round. Au lieu du rush poings en avant du round précédent, Hari fait dans le spectaculaire. Un coup de pied retourné visage à peine bloqué sera suivi par un knock-down sur... front kick sauté après feinte de coup de genou (si si!!!). Cette fois décidé à achever son adversaire qui n'a vraiment plus l'air en forme, le Marocain se transforme en machine à attaquer, tout en arrivant on ne sait pas trop comment à bloquer les contres. L'arbitre fini par arrêter les frais pour Aerts qui glissait souvent (quand il ne pouvait plus reculer en fait...). Le Hollandais, favori du tournoi, n'est pas vraiment d'accord mais personne ne niera que c'était plutôt mal engagé pour lui. Ewerton Texeira contre Errol Zimmerman Pour faire mieux que Francisco Filho, son prédecesseur présent dans le public, qui avait atteint la finale du K-1 en 2001 avant de s'incliner contre Mark Hunt, Ewerton Texeira, l'actuel champion du monde de karaté kyokushinkaï, devra l'emporter sur Errol "The Bone Crusher" Zimmerman, vengeant par la même occasion la large défaite de Glaube Feitosa, autre représentant du kyokushin. Le premier round permet au Brésilien de montrer de nouveaux progrès époustouflants. Si le classique je-tape-dans-les-cuisses-pour-faire-baisser-la-garde-et-après-je-shoote-dans-la-tête est effectivement infligé à Zimmerman (mais le high kick sera bloqué), c'est surtout avec ses poings que Texeira a pendant le premier round nettement dominé son adversaire qui était pourtant bien sûr de lui dans les interviews. Rush sur l'adversaire bloqué dans le coin du ring, esquive avec crochet qui touche en contre... le karatéka donne des cours de boxe anglaise au public et surtout à Zimmerman. Le deuxième round est plus conventionnel, les pieds partent autant que les poings. Si le Hollandais est moins dépassé par les évènements (il passera même son poing en travers du menton de Texeira qui avait baissé sa garde pour bloquer un coup de genou sauté, mais pas assez fort pour que ça change grand chose), le round reste dominé par le Brésilien qui martèle avec ses tibias les cuisses et les côtes de son adversaire. Au troisième round, Zimmerman cherche le KO. Certes il n'a pas trop le choix, mais il faut du courage, surtout quand les frappes lourdes de Texeira s'immiscent dans la moindre ouverture. Dans ces conditions, un round de 3 minutes ça doit être très très long. Agressivité dans les poings, puissance dans les jambes, le Hollandais nous rappelle pourquoi il s'est qualifié pour ce tournoi. Malgré les attaques précises et régulières de son adversaire, un uppercut à quelque secondes de la fin lui permet de mettre le karatéka au tapis. Les derniers instants du combat montreront clairement que, si Texeira s'est relevé, il voyait encore probablement triple. Ce knock-down permettra à Zimmerman de rejoindre Hari en demi-finales sur décision des juges (2-0). Gokhan Saki contre Ruslan Karaev Karaev, comme d'habitude aérien et léger sur ses déplacements, cherche le menton de Saki avec ses poings et s'empresse de reculer quand son enchaînement ne passe pas. Le Turc ne se laisse pas déstabiliser et envoie de lourds low kicks et middle kicks. Peu de coups font mouche dans le premier round, qui ne donne vraiment d'avantage à aucun des combattants. Le deuxième round tournera nettement à l'avantage du Russe. Trois fois, Saki sera bloqué dans le coin du ring, laissant à son adversaire l'occasion d'enchaîner avec ses poings sans craindre de contre. La plupart part dans les gants du Turc qui défend bien, mais ça doit secouer quand même, surtout que Karaev envoie aussi son genou de temps en temps. Alors que le combat semble maintenant s'orienter en faveur du Russe, un backfist de Saki l'envoie au tapis en début de troisième round, compliquant nettement les choses pour lui. Condamné à l'exploit, Karaev se jette poings en avant et ne laisse plus une seconde de répit à son adversaire, qui relève le défi et s'en sort plutôt bien, parvenant même à toucher dûrement au visage une ou deux fois. Le Russe ne se découragera pas pour autant et ne ménagera pas son énergie jusqu'à ce que le gong sonne. Cela n'empêchera pas Saki de remporter une décision unanime et de se hisser en demi-finales. Jérôme LeBanner contre Remy Bonjasky Bonjasky, très prudent à distance de poings (on le comprend!), shoote en middle-kick pour faire baisser la garde avant d'entamer des rush qu'il finit sur un coup de genou sauté. La plupart des attaques sont bien bloquées par Le Banner qui envoie parfois aussi lourdement ses jambes, mais le Français semble dérangé de ne pas pouvoir attaquer avec sa distance habituelle. Un premier round dominé par un Hollandais bien plus offensif. Au deuxième round Le Banner retrouve sa distance favorite et le style bulldozer qui va avec. Bonjasky le sent passer! Jabs pour contrer tout début d'attaque, directs et crochets au corps avec la puissance qu'on connaît à "Géronimo"... faute de passer un sale quart d'heure, Bonjasky passe trois sales minutes! Quelques low-kicks sur la fin lui permettent de montrer qu'il est encore là, mais ses côtes doivent attendre avec impatience que la situation s'améliore. Le troisième round démarre bien mieux pour le Hollandais (sans doutes parce qu'il a eu la bonne idée de passer moins de temps dos aux cordes!), qui se permet à nouveau d'attaquer (la cuisse touchée au deuxième round est une cible privilégiée) même si Le Banner reste dangereux. La joute va pourtant s'arrêter brusquement, après qu'un middle kick surpuissant ait été bloqué par l'Avant-Bras Maudit (celui qui a été fracturé trois fois par Hoost en 2002). Le Banner grimace, l'arbitre compte mais demande quand même un avis médical quand le Français fait signe qu'il est prêt à reprendre. Les médecins ne laisseront pas le combat repartir. Hong-Mam Choi contre Ray Sefo Le Néo-Zélandais, prudent mais efficace, attaque joyeusement côtes et cuisses de son adversaire, attendant les trente dernières secondes du round, quand le Coréen a baissé sa garde, pour attaquer sa tête perchée à 2m et quelques. Hong-Mam Choi touche quelques fois en contre (crochets et genoux) mais avec peu d'efficacité, ce qui est mis en valeur par les singeries habituelles de son adversaire. Le scénario se répète au deuxième round, avec peut-être un peu plus de crochets qui s'abattent sur les côtés du Coréen qui, quand il n'est pas à distance de corps à corps, balance de temps en temps les plus mauvais front-kicks de l'histoire du front-kick (on ne sait pas trop si il veut montrer à Sefo un truc sur son talon où si il cherche juste à se faire attraper la jambe). Le Néo-Zélandais enverra majoritairement des low-kicks dans le troisième round, encaissant lui-même un coup de pied aux fesses, ce qui l'amusera beaucoup. Petite frayeur pour les fans de Sefo sur un coup de genou mieux placé que les autres, mais "Sugarfoot" s'en remet et évite d'aller au tapis pendant la pluie de crochets qui va suivre. Les tibias s'abattront à nouveau régulièrement sur la cuisse d'Hong-Mam Choi pendant la fin du round. Décision unanime logique pour Sefo qui semble enfin avoir retrouvé la forme, alors qu'Hong-Mam Choi donne raison à ceux à qui il n'a pas du tout manqué cette année. Melvin Manhoef contre Paul Slowinski Le résultat du combat semble vite téléphoné, quand Manhoef ne prend pas la peine de bloquer les low-kicks de Slowinsky et a pour seule arme offensive des crochets tellement larges qu'on se demande s'il ne va pas toucher quelqu'un dans le public, peut-être pas la meilleure stratégie quand on est bien plus petit que son adversaire. Pourtant, un crochet-bazooka finit par toucher la tête de l'Australien avec une puissance éloquente. Slowinsky se relève, mais sera rapidement touché par d'autres crochets qui cette fois sauront le convaincre de rester au tapis. L'affaire aura été vite expédiée par le transfuge du combat libre, il faut croire que la puissance ça fonctionne partout. Badr Hari contre Errol Zimmerman Pas de round d'observation sur ce combat, pas même de seconde d'observation! Les combattants ont à peine touché les gants que poings et pieds partent, et pour faire mal! Malgré cela, les deux adversaires savent aussi défendre, et si chacun a du sentir passer le premier round, rien de décisif n'est passé. Peut-être un léger avantage pour Hari au bout des trois premières minutes (Errol Zimmerman va passer quelques secondes dans ce lieu si inconfortable qu'est le coin du ring, mais bloquera et esquivera presque tout). Le deuxième round sera plus lent (excusable pour le deuxième combat de la soirée!), Zimmerman avance, Hari gène et contre. Le Hollandais fait l'exploit de trouver assez d'énergie pour envoyer deux coups de pieds retournés sautés, mais ne touche que le short de son adversaire, le faisant descendre de quelques centimètres (l'aide de l'arbitre sera nécessaire pour le relever). Sa droite plongeante, qui sortira de nulle part (le Marocain, garde grande ouverte, envoyait un uppercut) quelques instants plus tard, sera bien plus efficace! Hari la prend plein pot, se relève on ne sait pas trop comment. Un knock-down, c'est mauvais pour la décision des juges, on l'a déjà vu deux fois ce soir. Le Marocain se réveille et enchaîne efficacement avec ses poings. Zimmerman subit de belles frappes au corps... et un gros crochet au visage, dans les dernières secondes. Il se relève aussi, le troisième round s'annonce relevé. Hari recule, prudent, mais cogne sans arrêt, en particulier avec des jabs puissant, profitant de la moindre ouverture. Zimmerman, probablement épuisé, ne tente plus grand chose, a presque l'air d'avoir déjà admis sa défaite. Le KO va survenir sur un direct en contre, à 1 minutes de la fin. Le décompte ne permettra pas au Hollandais de se relever, mais ça n'aura pas été une victoire facile pour son adversaire. Gokhan Saki contre Remy Bonjasky Saki envoie 80% de ses attaques avec sa jambe arrière, Bonjasky n'a pas trop de mal à bloquer et sort poings et genoux quand la distance le lui permet. Net avantage au Hollandais à la fin du premier round mais peu de dégâts infligés. Le deuxième round sera plus décisif. Saki esquive un coup de genou sauté, Bonjasky déploie sa jambe, son tibia s'écrase sur les côtes de son adversaire qui s'écroule en grimaçant de douleur. Il ne se relèvera pas à temps. Une demi-finale bien plus facile que celle de Hari pour Bonjasky. Remy Bonjasky contre Badr Hari Les deux combattants ont déjà pris des coups (et même un knock down pour Hari) et dépensé énormément d'énergie avant de monter sur le ring, mais sachant que le vainqueur gagnera 400 000 dollars et le perdant 30 000, que le vainqueur inscrira son nom dans la liste des vainqueurs du K-1 alors que dans quelques années on aura oublié que le perdant a été en finale, on a de bonnes raisons de s'attendre à de l'engagement. Bonjasky a remporté le dernier affrontement entre les deux hommes, mais Hari, même s'il était déjà effrayant, n'avait pas encore le niveau qu'il a montré tout au long de cette année et confirmé ce soir. Les combattants refusent de toucher les gants. Avant même le début de l'affrontement, il y a de l'ambiance! Bonjasky extrêmement prudent subit plusieurs attaques avant d'envoyer le moindre coup. Il semble avoir bien fait d'attendre puisqu'il envoie Hari au tapis sur un coup de poing bizarre, façon coup de patte d'un chat, au menton. Le Marocain fait signe qu'il n'a pas si mal que ça en restant tranquillement assis pendant le décompte et se relevant brusquement au dernier moment. Cela ne l'empêche pas de réagir immédiatement en ripostant avec une avalanche de crochets. Il en enverra deux derniers, heureusement bloqués, après que le gong ait sonné. Hari est tout aussi enthousiaste à l'amorce du deuxième round. Bonjasky bloque comme il peut et tente de contrer avec sa jambe. Hari, probablement rendu fou par son retard aux points et l'enjeu des 6 minutes restantes, projette après avoir bloqué un coup de genou sauté et envoie à son adversaire au sol un direct plongeant qui sera bloqué... par l'arbitre. Kakuda ne réagit cependant pas à temps pour bloquer le deuxième direct, et en attrapant le bras qui venait de frapper ne voit pas le talon de Hari s'écraser sur la tête de Bonjasky. Le troisième combattant improvisé sera contraint de pousser le Marocain, puis de le ceinturer alors qu'il continue à envoyer des crochets dans le vide. L'examen médical de Bonjasky, dont la vision semble avoir été atteinte, se prolonge pendant de longues minutes. Le Hollandais est finalement nommé champion après que, les médecins l'ayant déclaré incapable de reprendre, le carton jaune de Hari soit transformé en carton rouge. Une finale bien triste pour une soirée remplie de combats magnifiques, Bonjasky ne sourit même pas lorsque l'arbitre lève son bras pour officialiser son troisième titre K-1.