dimanche 13 mars 2011

Grosse news sortie de nulle part : ZUFFA (UFC) rachète le Strikeforce


Comme il y a quelques années avec le Pride, Zuffa rachète son principal concurrent, cette fois-ci le Strikeforce. Ce séisme (qui a l'avantage d'être métaphorique, contrairement à la tragédie qui frappe en ce moment le Japon) sur la planète free-fight renforce le monopole de l'entreprise des frères Fertitta. Quelques suppositions sur ce qui pourrait se passer.

Comme le Pride?

On se souvient de la perfidie de Zuffa lors du rachat du Pride. Après avoir "repoussé" le prochain event prévu ("On a été pris par le temps, et on veut être sûrs d'organiser quelque chose qui est à la hauteur"), puis le suivant, en amassant peu à peu les pubs pour l'UFC et le WEC sur le site officiel du Pride, la conséquence du rachat avait été implicite mais tout aussi implacable : fini le Pride, les matchs Pride VS UFC vendus aux fans seraient finalement des matchs UFC VS UFC, les combattants de l'organisation japonaise étant bien obligés de signer quelque part. Le Strikeforce de la semaine dernière (résumé ici bientôt, normalement) a donc de fortes chances d'être le dernier Strikeforce. Espérons quand même que sera maintenu, sous une forme ou une autre, l'alléchant tournoi poids-lourds qui avait, il faut le dire, très bien débuté.

Unification des titres?

Comme avec le Pride, il y a de bonnes raisons de penser (sauf si les Strikeforce sont finalement maintenus, ce qui ferait un peu doublon au niveau des titres justement) que les titres Strikeforce ne serviront qu'à faire joli sur le palmarès, et que les combats pour un titre UFC devront être (re)mérités puis remportés.

Fedor?

A moins d'être juriste et d'avoir jeté un coup d'oeil sur le contrat de la machine de guerre russe, difficile de savoir ce qui va se passer. En théorie, rachat oblige, Fedor est maintenant sous contrat avec Zuffa. Sauf que s'il n'avait pas combattu à l'UFC, c'est parce que ses promoteurs posaient des conditions très contraignantes, que Zuffa avait justement refusées. Est-ce que racheter le Strikeforce implique de les accepter? Est-ce que, maintenant que Fedor n'est plus vraiment Fedor (il a PERDU! 2 fois!!!), ses promoteurs seront moins exigeants? Une seule chose est à peu près sûre : le suspense devrait durer aussi longtemps que possible. Espérons qu'on aura enfin l'occasion de voir le Fedor/Couture attendu depuis si longtemps.

C'est comme si au lieu d'UFC et Strikeforce il y avait un double UFC?

Une spécificité du Strikeforce, c'était les contrats avec le Dream, et l'UFC ne semble pas supporter de ne pas avoir l'exclusivité (ses combattants n'ont même pas le droit de participer au tournoi de grappling ADCC, malgré la pub que ça pourrait faire). Plusieurs habitués du Strikeforce ont probablement déjà un contrat avec le DREAM et devraient continuer leur carrière du côté du Japon. Ce souci d'exclusivité risque de leur faire perdre des combattants majeurs : le champion Alistair Overeem, aussi champion en titre du K-1 (même organisation que le DREAM), acceptera-t-il de mettre fin à son excellente carrière en kickboxing? Fabrizio Werdum acceptera-t-il sans broncher de ne plus combattre en grappling ni en JJB (peut-être : il a déjà été sous contrat avec l'UFC)?

ça va être galère pour faire le prochain jeu EA Sports MMA, non?

Il y a des chances, oui... Vu comme Dana White avait l'air remonté quand EA Sports, qui l'avait précédemment remballé ("le free-fight n'est pas un sport"), avait évoqué son projet vidéoludique, on peut douter qu'il acceptera de collaborer avec eux, et il risque de ne plus leur rester trop de combattants... Mais on sait aussi que le président de l'UFC, qui sait super bien faire semblant d'avoir des principes inébranlables, fait ce qu'il veut quand il veut, même s'il paraissait très convainquant la veille quand il disait que jamais il ne changerait d'avis. Le principal obstacle, qui sera quand même de taille, pour intégrer des combattants de l'UFC dans le jeu voire acheter la licence, c'est le bon travail qu'a fait THQ pour l'instant, souhaitons-leur d'avoir l'occasion de continuer.

Et le free-fight féminin?

Ouch... L'UFC n'a à ma connaissance jamais fait mine d'être intéressé, il y a peu de chances que ça ne démarre maintenant. Si malheureusement ça signifie vraiment que Zuffa n'a aucune intention de nous faire continuer à suivre les exploits de Marlos Coenen, Cristiane Santos, Gina Carano, Sarah Kaufman, ... , espérons qu'une autre organisation (Bellator?) saura profiter de l'occasion et reprendre le flambeau, et les ventes de PPV qui devraient suivre.

C'est à peu près tout pour la séance de Madame Irma, espérons que je suis mauvais en voyance, pour l'instant je vois plutôt des mauvaises nouvelles...

samedi 5 mars 2011

UFC 127 : Bisping s'enfonce, Sotiropoulos ralentit

Résumé des meilleurs combats (oui c'est un peu beaucoup subjectif) non pas de l'UFC Fight Night qui a eu lieu jeudi (c'est pour plus tard, avec quelques combats du Strikeforce de ce week-end) mais de l'UFC 127 de samedi dernier, présentation au post précédent (et résultats complets, bien sûr, sur http://www.sherdog.com/events/UFC-127-Penn-vs-Fitch-15202 ).

Mark Hunt VS Chris Tuchscherer

L'inconvénient des crochets et des uppercuts, quand on les prend c'est que ça fait très mal, mais quand on ne sait presque faire que ça c'est que la distance est courte, surtout quand l'adversaire fait 10 centimètres de plus et qu'ayant très bien compris ça il cherche surtout à amener au sol sans passer par le clinch. Malgré cette stratégie, Tuchscherer encaisse beaucoup au premier round, et quand il finit enfin par passer une projection, met Hunt en danger sur une kimura (pas très rassurant... qu'est-ce que ce sera si on le met contre Mir ou Nogueira???) puis passe de bonnes frappes, le gong remet tout le monde debout. L'Américain retournera au sol au 2ème round, mais tout seul, sur un beau KO en 2 temps : un premier crochet le met dans un état lamentable et, à l'engagement suivant, un uppercut termine le combat quand il se baisse pour esquiver/attraper une jambe. Hunt, conscient que le cerveau de son adversaire doit plus où moins ressembler à de la crême fraiche liquide, ne met même pas d'amplitude dans ce coup de grâce, qui sera officiellement le KO de la soirée.

Tiequan Zhang contre Jason Reinhart

Respectivement 13 victoires 1 défaite et 20 victoires 2 défaites pour ces deux adversaires, et pourtant le combat n'était pas sur le pay per view officiel... il faut croire qu'il ne faut pas faire 66 kilos si on veut faire carrière à l'UFC. Par sa brièveté et son explosivité, il trouvera pourtant le chemin du PPV. A la moindre ouverture laissée par Reinhart, les poings du Chinois s'abattent sur lui par séries de 3. Dos à la cage, l'Américain tente un double-leg : pas une si bonne idée qu'il n'y paraît, il succombe presque immédiatement à une guillotine solidement verrouillée. Le tout aura duré 45 secondes.

Chris Camozzi contre Kyle Noke

Deux anciens du show "Ultimate Fighter" s'affrontent pour une place plus sérieuse au "vrai" UFC. Noke est Australien, et a donc le public de son côté. Les échanges debout sont explosifs, mais le combat tourne au sens unique quand l'Australien amène son adversaire au sol, atterrissant à cheval sur lui. Camozzi essaye de s'en sortir et donne son dos alors que Noke, qui était passé en garde latérale, le verrouille presque instantanément et l'étrangle tout aussi vite, une "Submission of the night" méritée malgré la prestation de Tiequan Zhang.

Chris Lytle contre Brian Ebersole

Ebersole débute à l'UFC, et est opposé à Chris Lytle, plus de 50 combats au compteur, et un des rares combattants capable de finir le combat en un éclair debout comme au sol : on peut dire que l'organisation a su lui souhaiter la bienvenue! Il se montre à la hauteur de cet honneur en démarrant sur un magnifique (mais complètement inefficace) coup de pied de capoeira. Jusqu'à la fin du combat, il ne ratera aucune occasion de faire le clown. Après avoir passé 3 bonnes minutes à résister à une tentative très acharnée de guillotine de Lytle, puis à se sortir d'une clef de genou, il passe les 20 dernières secondes du premier round à envoyer des coups d'épaule : ceux-ci seront très efficaces. Le deuxième round sera très nettement dominé par Ebersole : très prudent sur les crochets (réputés!) de Lytle, ses attaques (très) variées lui permettent de dominer les échanges pieds-poings, les low-kicks et middle-kicks en particulier claquent bien. Un coup de genou au menton terrible, sans saisie, fait tomber Lytle, et le round se termine sur une démonstration de projections et de ground'n'pound qui ne peut laisser aucun doute même aux juges de l'UFC. Le dernier round est plutôt serré, mais Ebersole frappe plus au sol et en corps à corps. Il emporte la décision, lui et Lytle la récompense du "Fight of the Night". Vivement le prochain combat d'Ebersole, Lytle était un adversaire très sérieux!

Dennis Siver contre George Sotiropoulos

Le pronostic, d'après moi, le plus facile à faire de la soirée. Pas très compliqué d'affronter un kickboxer, même ancien champion d'Allemagne : même si on ne domine pas debout, il suffit d'aller au sol. Détail ennuyeux : Siver s'est révélé complètement impossible à amener au sol. Ses jambes, envoyées très souvent et très fort, empêchaient aussi Sotiropoulos de bien choisir sa distance pour boxer. Un combat qui était tout de même serré, mais quelques impacts un peu puissants sur des échanges de poings font que Siver mérite sa victoire sans aucun doute possible. Un petit regret pour l'excellente lancée de l'Australien, qui s'arrête, en plus, devant son public. ça lui laisse encore pas mal de temps pour s'entraîner à combattre en 5 rounds.

Michael Bisping contre Jorge Rivera

Rien d'extraordinaire à retenir de ce combat : comme on pouvait le prévoir, Bisping, plus à l'aise, finit par toucher fort debout au 2ème round, et, ne laissant pas passer l'occasion, achève son adversaire. On peut quand même objecter que l'attaque la plus puissante qu'il ait passée est un coup de genou au visage interdit (Rivera avait encore les genoux au sol), qui a forcément joué sur la performance de l'Américain même si du temps lui a été laissé pour récupérer. On peut aussi trouver incorrect le comportement de Bisping qui après le combat a craché sur un homme de coin de Rivera, ou encore lui a fait un bras d'honneur (après le coup de genou au visage). Bisping s'est excusé après le combat, disant qu'il était trop sensible (?) et qu'il avait très mal pris le trash-talk d'avant combat (en partie des vidéos... désobligeantes sur YouTube). Mais il a aussi dit que le coup de genou était involontaire (alors pourquoi est-ce qu'il était en train d'en armer un autre quand l'arbitre est intervenu?), ou qu'il n'avait craché sur personne (le mollard a du se retrouver sur son visage par magie). Il arrive souvent que des combattants soient très incorrects avant un combat (un record a du être battu récemment avec Chael Sonnen contre Anderson Silva) sans que ça ne donne lieu à un comportement encore pire. S'il est si sensible, on peu lui suggéré une injection de camomille, une thérapie comportementale... ou de changer de métier. Et si on peut légitimement estimer que toute attitude insultante n'a rien à voir avec le sport, Bisping n'est pas le mieux placé pour parler, son comportement a souvent été loin d'être exemplaire.
L'honneur de l'Angleterre pour cette soirée a heureusement été rattrapé par Ross Pearson, vainqueur sur décision d'une violente guerre de 3 rounds contre Spencer Fischer.

BJ Penn contre Jon Fitch

Sans surprises, on assiste pas à un combat de taekwondo! La plupart du premier round se déroule contre la cage, mais on aura tout de même eu la surprise de voir Fitch se faire prendre le dos, et même pendant de longues secondes pensé qu'il allait se faire étrangler! Fin du suspense quand il se retourne, Penn encaissera quelques poings et coudes avant de se relever. Le deuxième round ressemble énormément au premier, mais les coups échangés debout contre la cage sont plus puissants, et quand Fitch se retourne (encore) après s'être fait prendre le dos (encore), il frappe plus fort, et garde plus longtemps la position. Le troisième round, en revanche, sera largement dominé par Jon Fitch. Mis sur le dos dès les 1ères secondes, BJ Penn encaisse un violent ground'n'pound et ne trouve aucune solution. Les juges estimeront tout de même qu'il y a match nul, Penn est conscient qu'il s'en sort bien. On peut surtout regretter que le combat n'ait pas eu lieu en 5 rounds, ce qui se serait probablement passé s'il n'y avait pas dans cette catégorie de poids un certain Georges Saint-Pierre... Qu'à cela ne tienne, l'UFC adore les revanches en ce moment, ce sera donc sûrement, en fin de compte, un combat en 6 rounds (avec quelques mois de pause entre le 3ème et le 4ème round).

jeudi 24 février 2011

Présentation de l'UFC 127


Même s'il s'annonce bien moins passionnant que le précédent, cet UFC, le 2ème en Australie, assure le spectacle.

BJ Penn contre Jon Fitch

Celui des deux anciens adversaires malheureux de Georges Saint Pierre, qui domine sa catégorie de façon à peu près aussi écrasante qu'Anderson Silva la catégorie supérieure, qui l'emportera, fera un pas non négligeable vers une revanche probablement très convoitée : le Québécois a infligé à Jon Fitch sa seule défaite sur ses 24 derniers combats, et BJ Penn était, de son côté, retourné en poids léger après avoir perdu (et protesté contre le fait que GSP aurait lubrifié son torse pour se protéger des projections, sa plainte n'a pas donné suite malgré tous ses efforts) et, véritable machine de guerre, a complètement atomisé l'excellent Kenny Florian, ou encore un Diego Sanchez extrêmement motivé, avant de perdre sa ceinture contre le toujours plus surprenant Frankie Edgar. Son retour en poids welter a fait très mal à Matt Hughes, à qui il n'a fallu que 21 secondes pour comprendre qu'il n'avait pas le niveau.
Les deux combattants étaient déjà excellents lors de leur affrontement précédent avec Georges Saint Pierre, mais difficile de croire qu'ils n'auront pas progressé... surtout celui qui l'emportera ce week-end! BJ Penn est très probablement meilleur en boxe, reste à savoir si son niveau extraordinaire en projections lui suffira pour rester debout contre Fitch, grand spécialiste du ground'n'pound, qui ne perd jamais ses combats mais... ne les finit jamais non plus.

Michael Bisping contre Jorge Rivera

Le plus célèbre des deux combattants, Michael Bisping, est un nom beaucoup moins prestigieux qu'il y a un an ou deux. Avec 2 défaites (dont une particulièrement nette contre Dan Henderson) lors de ses 5 derniers combats, il n'y a plus personne pour imaginer l'Anglais combattre un jour pour la ceinture. Il n'a en tout cas pas droit à l'erreur contre Jorge Rivera et ses crochets, sur une bonne série de 3 victoires consécutives, les deux dernières par KO. Bisping devrait normalement l'emporter : les crochets de Rivera sont puissants, mais "The Count" a récemment affronté Wanderleï Silva, donc il devrait bien s'y connaître en crochets, et il est supérieur au sol. Raison de plus pour le "Conquistador" de saisir sa chance : assommer Bisping en direct lui permettrait d'être pris très au sérieux dans la catégorie poids moyens!
Les deux adversaires ont en tout cas donné toutes les preuves possibles pour leur motivation et semblent impatients de passer du trash talking dont ils ont usé et abusé à une façon plus jouissive de régler les désaccords.

George Sotiropoulos contre Dennis Siver

La série impressionnante de (7!) victoires de Sotiropoulos, qui se promène souvent debout comme au sol, fait qu'on se demande pourquoi il n'est pas plus près de la ceinture. On peut imaginer qu'il sera encore meilleur devant son propre public, c'est donc difficile d'imaginer que Dennis Siver, à moins de sortir de son chapeau son coup de pied retourné magique avec un timing parfait, a la moindre chance de l'emporter. Et Sotiropoulos ne va probablement pas le laisser faire...

Ross Pearson contre Spencer Fisher

Ross Pearson s'est fait étrangler lors de son dernier combat, subissant sa première défaite, le vainqueur de TUF saison 9 (coaché par.. Bisping), n'a pas plus droit à l'erreur que son adversaire, qui a perdu 2 fois lors de ses 3 derniers combats : l'UFC n'aime pas trop les défaites consécutives, et les fins de contrat arrivent vite. Sur le papier, facile de faire un pronostic : Pearson a battu Dennis Siver en mai 2010, Fisher a perdu contre lui en juin. Mais l'octogone n'est pas fait en papier (ça c'est de l'image^^), et l'Américain aura un quart d'heure pour créer la surprise.

Mark Hunt contre Chris Tuchscherer

Hunt a certes perdu ces 6 derniers combats, mais la liste de ses adversaires est assez prestigieuse pour excuser même une série aussi catastrophique : Fedor, Josh Barnett, Alistair Overeem, Gegard Musasi... que des très très grands! Sauf si on regarde plus attentivement, surtout le dernier adversaire : Hunt a débuté à l'UFC en perdant rapidement et lamentablement contre le pas vraiment extraordinaire Sean McCorkle, endommageant son bras au passage en tardant à taper parce que lui non plus ne voulait vraiment pas perdre comme ça. S'il retrouve le niveau qu'il avait au Pride, Tuchscherer (qui me fait adorer le copier-coller!) ferait bien de combattre avec un casque. Sinon, ça lui permettra de se relancer à l'UFC, où sur 3 combats il a subi 2 des... 3 défaites de sa carrière!

Restent de très bons combattants sur cette carte, comme Alexander Gustafsson (que je n'aime pas trop parce qu'il a battu Cyrille Diabaté... c'était la minute Thierry Roland) et Chris Lytle, mais j'arrête là parce que... j'ai la flemme. Résumé des meilleurs combats ici dans une semaine à peu près, et résultats complets bien plus tôt sur www.sherdog.com bien sûr.

samedi 19 février 2011

Début du tournoi Strikeforce:pas de mariage mais un enterrement


Samedi dernier débutait le très attendu tournoi poids lourds Strikeforce, avec des noms qui ont de quoi concurrencer (en intérêt comme en niveau) l'UFC dont la catégorie lourds se porte pourtant bien. Pour bien faire durer le plaisir, les quarts de finales n'ont pas tous lieu le même soir. On n'aura donc que le 9 avril le nom des futurs adversaires des deux vainqueurs de ce soir (qui auront gagné d'office 2 mois de récupération). Autre point original du tournoi : si c'est une habitude depuis les fameux Pride GP de distinguer le champion du tournoi et le champion tout court, on peut se demander si c'est pertinent de programmer Overeem-Werdum, le combat qui devrait mettre en jeu la ("vraie") ceinture... dès le quart de finale du tournoi!
Ray Sefo VS Valentijn Overeem

Bien sûr, tous les combats ne peuvent pas être au niveau du tournoi. On démarre donc sur beaucoup moins intéressant avec le frère d'Alistair Overeem, aussi expérimenté mais beaucoup moins bon, contre Ray Sefo, qu'on ne présente plus en kickboxing mais qui n'en est qu'à son 3ème combat en free-fight.
Si on ne compte plus les combats striker VS grappler dans la courte histoire du free-fight, ils ne se sont pas si souvent passé comme on pouvait s'y attendre (le 1er touché coule de suite). Soit le grappler est meilleur que prévu en pieds-poings (Nogueira VS Cro Cop), soit le striker est meilleur que prévu au sol (Mark Hunt VS Yoshida), ou encore l'un des deux n'est tellement pas familier des règles que le combat ne ressemble plus trop à du free-fight (Branko Cikatic qui terrifié envoie 2 fois de suite son coude sur la nuque de Mark Kerr qui le projette, jusqu'à ce que le Titan, très énervé, ne le mette KO... avec un coup sur la nuque alors qu'il était déjà disqualifié,
ou encore le judoka Min Soo Kim contre... Ray Sefo, qui encaisse un high kick plein pot, la garde baissée parce qu'il croyait que le combat était arrêté). Celui-ci, par contre, peut difficilement être plus linéaire. Overeem commence par avoir la drôle d'idée -un pari?- de chercher à boxer (parce que, tout le monde y croit, il s'en sortira mieux que Aerts, Le Banner, Karaev...), ce qui lui vaut de prendre quelques jabs et un cross douloureux en contre, sans lui-même réussir à toucher (il faut dire aussi que si un high kick direct pouvait passer contre Sefo, on peut supposer qu'il n'aurait pas fait la même carrière). Tout change quand il se décide à tenter un single-leg : ça passe immédiatement, il atterrit en garde latérale, Sefo tape sur une clef de nuque/étranglement moins de 10 secondes plus tard.

Chad Griggs VS Gian Villante

Chad Griggs a l'occasion de confirmer sa victoire récente et inattendue contre Bobby Lashley, ancien chouchou du Strikeforce (sans cette défaite l'ancien catcheur aurait peut-être fait partie des 8 concurrents du tournoi) contre le bien moins prestigieux Gian Villante. Le combat fait vite penser à la bagarre de bar : beaucoup de crochets et d'uppercuts à distance de corps à corps. Griggs touche la plupart du temps le premier, et fort, jusqu'à ce qu'un high kick adroit (à distance de crochet!) ne le touche vers la tempe... c'est le moment que choisit l'arbitre (Yves Lavigne pour les fans) pour demander à Villante de ramasser son protège-dents, ce qui laisse à Chad Griggs un temps court mais suffisant pour récupérer. Il repart en pleine forme, touche un peu mieux qu'avant sur un crochet ou deux, Villante tombe au tapis et se fait vite achever.

Shane Del Rosario VS Lavar Johnson

Shane del Rosario remet en jeu son invincibilité (10 combats 9 victoires au premier round... une forte tête en 2008 a attendu le 2ème round pour être mis KO) contre le plus expérimenté Lavar Johnson, lui-même sur une série de 6 victoires consécutives. Enormément de clinch dans ce combat. Johnson passe une première amenée au sol sans parvenir à en faire grand chose. Plus tard, c'est au tour de Del Rosario de passer un single leg, mais lui passe presque immédiatement à cheval, et les coups pleuvent. Alors que la fin du round approche, et que le KO sur ground'n'pound semble peu probable, il arme lentement un juji gatame en continuant de frapper, la clef passe parfaitement. Next!

Quart de finale 1 : Sergueï Kharitonov VS Andrei Arlovski

L'Europe de l'Est ouvre le tournoi, avec un premier combat qui s'annonce spectaculaire, même si on peut se demander ce qu'Arlovski, sur 3 défaites consécutives, fait là. De son coté, Kharitonov est le dernier à avoir battu Overeem, et il était loin d'être ridicule lors de ses combats en kickboxing. Mais Arlovski a quand même des arguments à faire valoir : ancien champion poids lourds de l'UFC, il avait aussi fait mal à Fedor avant d'oublier qui il avait en face et de tenter un coup de genou sauté, sans garde pour être bien sûr d'exposer son menton.
Kharitonov bloque la plupart des nombreuses attaques de son adversaire et avance tranquillement, jusqu'à maintenir le "Pitbull" dos à la cage. Là, il cherche sa distance en envoyant des coups de poings convaincants un par un. C'est pourtant sur un contre que le Russe va toucher sérieusement... Arlovski tente pour résister de le contenir en corps à corps, pas une bonne idée, Kharitonov cogne fort même à cette distance, le fait lacher sur un uppercut et l'achève sur un crochet. Un quart de finale gagné de façon explosive par le combattant que plusieurs considèrent comme la surprise potentielle du tournoi. La demi-finale s'annonce difficile pour le vainqueur de Rogers/Barnett.

Quart de finale 2 : Fedor Emelianenko contre Antonio Silva

Malgré des victoires contre Tom Erickson, Ricco Rodriguez... et Arlovski, le Brésilien semble être là plus pour offrir un retour par trop difficile à Fedor que pour créer un suspense insoutenable dans le tournoi.
Fedor attaque avec des crochets rapides et puissants, tout en restant mobile et prêt à esquiver. Silva parvient à le saisir en clinch et le plaque dos à la cage, bonne idée car si le palmarès du Russe en judo et sambo est impressionnant, il n'a pas l'habitude de prendre la cage en compte pour les projections. Quelques coups de genou dans les cuisses un peu mous plus tard, l'arbitre replace les combattants au centre. Silva est maintenant plus offensif, et les échanges de coups de poing sont explosifs. A nouveau dos à la cage, Fedor encaisse quelques crochets au corps, tente une guillotine avant de contrer magnifiquement un single-leg: Antonio Silva est sur le dos. Le "Dernier empereur" passe facilement dans la demi-garde, envoie quelques frappes, mais son adversaire se relève en se sortant joliment d'une tentative de kimura. Fedor encaisse un violent direct avant de se trouver à nouveau dos à la cage.Le Brésilien relache la pression pour un échange enthousiaste de crochets, avant de passer une projection 15 secondes avant la fin dont, sans surprises, il ne fera pas grand chose.
Dès le début du 2ème round, Antonio Silva passe sous un direct et effectue un double-leg parfait. Cette fois, il a plus que 5 secondes devant lui pour montrer ce qu'il sait faire au dessus... Méfiance quand même : même des spécialistes comme Mark Coleman ont des mauvais souvenirs du niveau de Fedor sur le dos. Une bonne occasion pour le Brésilien de prouver la valeur de sa ceinture noire de BBJ (et de la différence de poids en sa faveur). Après un bon ground'n'pound depuis la demi-garde, le "géant" passe en garde latérale... puis à cheval, faisant probablement très plaisir à ceux qui ont parié sur lui malgré la côte de 5,5 contre 1. Les coups pleuvent et, malgré ses mouvements constants, il faudrait être de très mauvaise foi pour dire que Fedor n'en prend pas plein la gueule. Il tente de sortir en donnant son dos puis en rampant en arrière, mais il est à chaque fois applati immédiatement, et doit revenir dans la position précédente pour ne pas se faire étrangler. C'est en tentant un triangle avec les bras, après avoir fait beaucoup de dégâts, qu'Antonio Silva perdra la position pour retrouver la demi-garde du début du round, avant de continuer à frapper. Une minute avant la fin, il tente une clef de genou bien amenée, dont Fedor se sort péniblement avant de tenter une clef de cheville qu'il n'aura pas le temps de finir. Malgré sa fatigue visible depuis un moment et le nombre de coups encaissés, le dernier empereur se relève un peu plus vite que son adversaire (mais pas trop vite non plus!). ça ne suffira pas à l'arbitre pour le laisser repartir, avec son oeil droit fermé, pour le 3ème round. Il faut dire aussi qu'il aurait pu jouer Double Face dans Batman sans maquillage.
Si Werdum a mis fin à l'invincibilité mythique de Fedor, Antonio Silva l'a solidement enfermée dans un cercueil, avant de balancer dessus quelques bonnes pelletées de terre : Fedor perd deux fois consécutives, sur du ground'n'pound, sa propre spécialité, et impossible d'imaginer qu'il s'est fait surprendre. On peut quand même supposer que l'âge y est plus pour quelque chose que le niveau du Brésilien (les combats de Fedor contre Arlovski et Brett Rogers n'étaient pas ses plus convaincants). 34 ans, ce n'est pas si vieux que ça dans le circuit MMA (beaucoup de bons combattants approchent ou ont dépassé la quarantaine), mais pour affronter les meilleurs et ne jamais perdre, avec l'explosivité (donc le cardio) qui caractérise le style de Fedor, ça commence à faire beaucoup (Couture a 13 ans de plus, mais il a moins de combats et... 10 défaites à son palmarès). Antonio Silva, lui, aura peu de temps pour savourer sa victoire, puisqu'il devra en demi-finale affronter Alistair Overeem ou Werdum, le vainqueur du quart de finale le plus relevé du tournoi.
Dans l'interview d'après combat, Fedor dit qu'il est peut-être temps qu'il prenne sa retraite. L'idée est plutôt bonne : si on sait maintenant qu'il est possible de le battre, on pourra attendre longtemps le combattant qui aura la même carrière...

jeudi 10 février 2011

Résumé de l'UFC 126:le front kick qui valait 75000 dollars

En attendant le début du Strikeforce GP (que je ne vais pas présenter parce que ma connexion ne marche pas très très bien...), le résumé de quelques combats du l'UFC 126.

Chad Mendes VS Michihiro Omigawa

Bien que mis quelques fois en danger sur des tentatives de soumission, Chad Mendes reste invaincu (10 combats 10 victoires) grâce à des coups de poing puissants debout et en ground'n'pound, remportant une décision unanime largement justifiée.

Kyle Kingsbury contre Ricardo Romero

Le commentateur a à peine le temps de vanter la récupération de Romero que Kingsbury, en quelques coups de genou au corps contre la cage et un direct au menton pour être sûr, convainc l'arbitre qu'il est temps d'arrêter les frais. La série de 6 victoires de Romero aura été stoppée en 20 secondes.

Jake Ellenberger VS Carlos Eduardo Rocha

Avec un beau palmarès de 8 combats 8 victoires sur soumission (dont la dernière au premier round sur Kris McCray, finaliste du TUF 11), Rocha est maintenant opposé à Jake Ellenberger. Ellenberger passe une amenée au sol au début du round... et comprend vite que ce n'était pas dans son intérêt! Le Brésilien le passe à peu près dans toutes les positions existantes, mais ne parvient pas à conclure (eh oui, en free-fight c'est possible de dire qu'on a pas conclu alors qu'on a pris quelqu'un dans toutes les positions). Au deuxième round, Rocha essaye de retourner au sol où ça s'était plutôt bien passé pour lui, mais son niveau en lutte est insuffisant, et Ellenberger cette fois ne l'aide pas.
Les deux derniers rounds vont se ressembler : échanges en pieds-poings où personne n'est à l'aise (mais, même si c'est Rocha qui recule, il envoie plus d'attaques et est plus précis, rappelant que boxer sans avoir à surveiller les takedowns adverses c'est plus confortable), et Ellenberger qui passe une amenée au sol en 30 secondes avant la fin pour gagner des points, 30 secondes qui suffisent à son adversaire pour prendre l'avantage.
Pas de chance pour Rocha, son premier combat jusqu'à la limite de temps a eu lieu à l'UFC, où les juges semblent parfois (y compris quand une ceinture est en jeu, souvenez-vous de Shogun-Machida 1, ou de Edgar-Maynard 2) avoir regardé une série télé ou un film porno à la place du combat, et/ou avoir absorbé de fortes doses d'hallucinogènes. Il perd donc de façon absurde sur décision partagée.

Jon Jones VS Ryan Bader

D'entrée, Jones amène Bader au sol, atterrit en garde latérale, passe en position nord-sud et attaque... avec des coups de menton, puis tente un étranglement, pendant que Bader essaye désespérément de se relever. Il finit par y arriver à la moitié du round, attaque en pieds-poings et se fait dominer, tente un nouvelle amenée au sol... facilement contrée, et Bader qui ne domine pas sur les amenées au sol, c'est un peu comme Lionel Messi qui jouerait un match de foot en tongues, autant dire que ça s'annonce très mal. Jusqu'à la fin du round, Jones cherchera à passer un étranglement et matraquera les côtes de son adversaire avec ses coudes et ses poings, en guettant une ouverture au visage. Bader, bien qu'écrasé par Jones, se sera montré un cran au dessus de ses derniers aversaires qui n'avaient pas survécu longtemps à son ground'n'pound.
Au deuxième round, Ryan Bader frappe fort mais dans le vide (les crochets, pas évident quand l'adversaire a la plus grande allonge de la catégorie), Jon Jones offre son festival habituel (front kick, coup de coude sauté, ...) et touche surtout en low kick. En contrant une amenée au sol, Jones tente un triangle avec les bras, puis passe en guillotine, Bader tape sur ce qui sera la "submission of the night"
A l'interview d'après combat, Joe Rogan annonce à Jon Jones que Rashad Evans ne pourra pas combattre pour le titre le 19 mars, et que l'UFC lui propose la place. Jones semble heureux d'accepter ce qui ressemble pourtant à un cadeau empoisonné (Quinton Jackson avait d'ailleurs refusé avant lui) : il a moins de 2 mois pour récupérer de ce combat et se préparer à: 1° affronter Shogun, 2° être opérationnel pour un combat de 5 rounds.

Forrest Griffin VS Rich Franklin

Contré par un low-kick sur sa jambe d'appui, Franklin passera le premier round sur le dos, à contenir le ground'n'pound de Griffin. Les deux rounds suivants se dérouleront surtout debout.
Franklin prend l'initiative et essaye de boxer au visage, Griffin contre et termine ses enchaînements en low kicks ou middle kicks, attaquant parfois avec des directs. Aidé aussi par son allonge, c'est Griffin qui touchera le plus souvent au deuxième round avant de fatiguer au troisième round, bien plus serré, et gagnera par décision unanime (29-28).

Anderson Silva VS Vitor Belfort

Belfort est bien entouré pour son retour : Ray Sefo et Randy Couture (qu'il a affronté 3 fois) sont dans son coin, ce qui laisse supposer une très bonne préparation. En revanche, dans le coin de Silva, aucun de ses partenaires prestigieux: Nogueira, Dos Santos ou encore Ryoto Machida sont absents. Le combat démarre mal pour ceux qui s'attendaient au feu d'artifice qu'on pouvait espérer : la première attaque, un low-kick de Belfort, ne part qu'au bout d'1minute30, suivi d'un deuxième... 45 secondes plus tard. Le reste du combat sera pourtant loin de ressembler à un épisode de Derrick. Le "Phenom", plus à l'aise, tente un gauche-droite, envoie Silva au sol en contrant un high kick, les deux combattants se relèvent et Belfort évite un coup de genou de justesse en sortant du clinch. Un high kick, deux directs successifs sont tentés, bien évités par "l'araignée", qui soudain envoie un front kick explosif au visage. Belfort s'écroule, l'arbitre ne tarde pas à arrêter le combat. L'exploit est d'autant plus impressionnant qu'un high kick au visage, même venant de grands spécialistes comme Glaube Feitosa ou Semmy Schilt, normalement ça ne met pas KO.
Anderson Silva emporte donc sa 13ème victoire consécutive à l'UFC, garde son titre, rattrape les combats peu convainquants qu'il a pu faire récemment, et empoche de façon justifiée les 75 000 dollars du KO de la soirée malgré le spectacle offert plus tôt par Kyle Kingsbury.

jeudi 3 février 2011

Yokozuna is back back... et présentation de l'UFC 126


Après très très longtemps d'absence, je reviens, pour de vrai, enfin je vais essayer. Par paresse, je n'ai rien écrit depuis plus d'un an, même quand Fedor a subi sa première défaite, même quand Overeem est rentré dans l'histoire des arts martiaux en étant champion à la fois d'une organisation majeure de free-fight (le Strikeforce, et maintenant le Dream) et du K-1, consécration officieuse au titre de combattant ultime, rêve de nombreux combattants depuis 1993 (UFC 1 et 1er K-1 Grand prix), objectif par exemple de Patrick Smith, ou plus récemment de Mirko Filipovic (qui n'ont gagné aucun des deux...).
On peut bien sûr dire que le tournoi K-1 d'Overeem a été largement facilité (victoire laborieuse en quarts contre Tyrone Spong qui n'était sûrement pas un favori, adversaires en demis et en finales ruinés par leur combat du tour précédent, ...), ou encore que maintenant, pour être vraiment le combattant ultime, il faudrait aussi gagner le tournoi de grappling d'Abu Dhabi (Overeem y a d'ailleurs déjà participé, sans aller très loin), mais ça fait quand même plus de 15 ans que ce doublon paraissait inaccessible.
Et en attendant, justement, le prochain tournoi Strikeforce, une présentation de quelques combats de l'UFC 126 (5 février), dont deux combats feraient chacun un excellent main event, est une bonne occasion de reprendre le blog.

Vitor Belfort VS Anderson Silva

Anderson Silva semble parfois tellement au dessus des autres combattants de sa catégorie que ça en devient lassant. Le président de l'UFC, Dana White, a d'ailleurs déjà plusieurs fois fait semblant de vouloir le forcer à bouger définitivement dans la catégorie de poids supérieure, où il a d'ailleurs gagné au premier round ses deux combats. Son obstacle pour une 13ème victoire consécutive (le record précédent est de... 8 victoires, détenu par Royce Gracie et Jon Fitch) n'est ni plus ni moins que le légendaire Vitor Belfort, et il faut admettre qu'il y a du suspens... ce qui n'a pas toujours été le cas lors des défenses de titre de Silva!
Le combat aurait du se faire il y a longtemps, mais a été considérablement retardé par le passage successif des deux combattants sur la table d'opérations, et peut-être par l'admission de Belfort (en conférence de presse officielle!) que d'autres méritaient plus que lui un combat pour le titre (Demian Maïa et Chael Sonnen ont depuis été victimes du niveau de Silva... mais Nate Marquart, le challenger n°1 d'alors, n'a toujours pas eu sa chance et a subi 2 défaites!). Difficile de faire un pronostic. Si Vitor Belfort est un des combattants les plus irréguliers du free-fight et n'a pas combattu depuis un an et demie (opération oblige, de Silva... puis de lui), il a rappelé lors de ses deux derniers combats à quel point la vitesse de ses poings pouvait surprendre (Matt Lindland et Rich Franklin ont respectivement été "surpris" en... 37 secondes et 3 minutes). Depuis son fameux combat de 44 secondes contre Wanderlei Silva, gauche-droite se dit d'ailleurs "mitraillette" au pluriel quand on parle de Belfort. Difficile pourtant de deviner si ce sera suffisant contre les esquives extraordinaires, les attaques variées, l'allonge et le sens de la distance d'Anderson Silva.
Vitor Belfort est ceinture noire de jiu-jitsu brésilien sous le légendaire Carlson Gracie, et a quatre titres mondiaux à son palmarès, mais Silva a étranglé l'ancien lutteur olympique Dan Henderson et, plus récemment, après avoir pris des rochers dans la tête sur le dos pendant 4 rounds (soit 20 minutes!), Chaël Sonnen. Le cardio d'Anderson Silva a parfois laissé à désirer (il a montré qu'il se débrouillait très bien même sans aucune énergie mais, les combats devenant soporifiques, Dana White faisait à chaque fois semblant d'être très très en colère), Demain Maia a prouvé de façon très convaincante que ses provocations ne voulaient pas toujours dire qu'il dominait largement, mais il reste quand même sur 12 victoires consécutives à l'UFC.
Vitor Belfort n'a pas toujours décroché le menton de ses adversaires en un éclair, il n'a pas combattu depuis un an et demie... mais ses deux dernières victimes étaient loin d'être sorties d'une poubelle. Autant de bonne raison d'attendre avec impatience ce qui va se passer ce week-end, et de ne surtout pas parier d'argent!

Rich Franklin contre Forrest Griffin

A peu près la même tête, un style de combat sans point fort (et surtout sans point faible) saillant... comme le monde était bien fait, Rich Franklin et Forrest Griffin n'étaient pas dans la même catégorie de poids. Jusqu'à ce que, largement moins fort qu'Anderson Silva et largement plus fort que les autres poids moyens, Rich Franklin ait la bonne idée de changer de catégorie... et la mauvaise idée de le faire pour aller en lours-légers, la catégorie de Forrest Griffin. L'UFC, impitoyable, a poussé le sadisme jusqu'à les faire s'affronter, devant un public qui aura l'impression de voir double.
Bien sûr, Rich Franklin est le seul a porter lors de ses combats un short rose, et il a une préférence pour les front kicks là où Griffin enverra plutôt des low-kicks, mais mieux vaut quand même que les spectateurs ne forcent pas sur l'alcool. Là encore, mais pour une raison différente, bon courage aux parieurs!


Ryan Bader contre Jon Jones

Deux stars montantes, jeunes et invaincues (si on oublie la disqualification absurde de Jon Jones qui était en train de littéralement exécuter Matt Hamill), que personne ne semble pouvoir stopper, s'affrontent... l'un des deux va donc bien devoir être stoppé, ou au moins ralenti. Jon Jones s'est mis le public de son côté dès ses débuts à l'UFC, envoyant ses coups de pieds et de coude retournés, ses projections spectaculaires, sans être intimidé par l'expérience nettement supérieure de ses adversaires (Stephen Bonnar en particulier a du se demander ce qui pouvait bien se passer). Son niveau initial ne l'a pas empêché de progresser de combat en combat, améliorant très rapidement son cardio suspect (c'est ça, d'être habitué à gagner au premier round...) et se faisant coacher par l'entraîneur n°1 du moment, Greg Jackson (coach de Rashan Evans, Georges Saint Pierre... et qui a récemment transformé le monotache Clayton Guida en candidat plausible au titre). Ryan Bader a gagné une saison d'Ultimate Fighter... et a tranquillement continué d'enchaîner les victoires, avec le même style, même quand ses adversaires s'appelaient Keith Jardine ou encore Rogerio Nogueira.
Jon Jones devrait à priori l'emporter facilement, il dit lui-même que l'UFC lui oppose toujours des lutteurs et qu'il commence à savoir se débrouiller (il a projeté Matt Hamill, Brandon Vera et Wladimir Matyushenko comme une ceinture noire de judo projetterait une ceinture verte... pour ne parler que de Brandon Vera, le combat s'était beaucoup moins bien passé même pour Randy Couture). Les armes de Ryan Bader sont toujours les mêmes : un ground'n'pound et une condition physique irréprochables, et des crochets surpuissants quand l'adversaire présente un risque au sol.
Le vainqueur sera peut-être le prochain adversaire de Rashad Evans ou Mauricio Rua, pour la ceinture.

Norifumi Yamamoto contre Demetrius Jonhson

Nouvelle victoire de Zuffa (producteurs de l'UFC) sur le marché free-fight japonais, Norifumi Yamamoto débute à l'UFC. Reste à savoir si, après sa blessure (presque 2 ans sans combattre) et son comeback difficile (2 défaites, puis une victoire sur un adversaire peu prestigieux), Yamamoto sera plus que l'ombre de la star qu'il était. Début de réponse samedi, contre un des nombreux poids plume et coq qui auront bénéficié de la fusion du WEC et de l'UFC.

jeudi 15 avril 2010

Pluie d'UFC!

L'UFC enchaîne les events, avec en parallèle le lancement de la série Ultimate Fighter où le prochain tueur de la catégorie middleweight va naître sous nos yeux ébahis (ou pas). 3 combats pour la ceinture en moins de 10 jours, ça ne rigole pas! Un résumé des combats les plus importants, par ordre à peu près chronologique.

Rousimar Palhares contre Tomasz Drwal (UFC 111)

45 secondes suffisent au Brésilien pour faire des dégâts sérieux sur les ligaments de son adversaire... Palhares sera sanctionné (90 jours de suspension il me semble) pour n'avoir pas relâché assez vite. Il a pourtant lâché le talon de son adversaire dès que l'arbitre était sur lui. On attend le jour où la commission athlétique aura autant de zèle pour les frappes sur les adversaires déjà KO... ça reste peu probable que l'UFC trouve en 90 jours quelqu'un capable de stopper Palhares!

Shane Carwin contre Frank Mir (UFC 111)

Mir confirme, peu après son second combat contre Lesnar, qu'il a comme un problème avec les adversaires surpuissants... Incapable de poser un problème à Carwin, un uppercut un peu explosif encaissé en clinch le sonne suffisamment pour l'exposer à la rafale qui suit. L'arbitre préfère éviter de devoir sortir un aspirateur pour sortir Mir de la cage et arrête les frais. Contrairement à la plupart des adversaires de Carwin, il aura quand même tenu plus d'une minute (presque quatre!). Si le match Carwin/Lesnar ne ressemblera sûrement pas à un championnat du monde de jiu-jitsu brésilien, on peut se demander si l'un des deux ne passera pas en travers de la cage!

Georges Saint-Pierre contre Dan Hardy (UFC 111)

Si Dan Hardy est un être humain, donc par définition incapable de faire quoi que ce soit contre les takedowns de GSP, le Québécois a probablement été surpris par le niveau de son adversaire! La victoire de Saint-Pierre est large et méritée, mais l'Anglais, au sol en particulier, montre un niveau insoupçonné et tient très largement jusqu'à la décision, sans jouer la défense loin de là, résistant même de façon assez surréaliste à des tentatives de soumission très avancées. Josh Koscheck faisait le malin il n'y a pas longtemps à se plaindre qu'Hardy combattait pour le titre et pas lui... le résultat risque de ne pas lui plaire s'ils s'affrontent un jour.

Roy Nelson contre Stefan Struve (Fight Night 21)


Ni les 30 centimètres de différence de taille, ni la série de 3 victoires consécutives de Struve n'empêchent Nelson, vainqueur de la dernière saison de TUF, de l'étaler en 40 secondes sur un crochet. Un poids lourds avec lequel il va falloir compter, en attendant un test plus relevé.

Takanori Gomi contre Kenny Florian (Fight Night 21)

Drôle de cadeau de bienvenue à l'UFC pour Gomi : Kenny Florian, si honoré soit-il d'affonter l'ancien champion du Pride, est en pleine forme en ce moment, comme Clayton Guida a pu en témoigner douloureusement. Offensif debout et au sol, avec une cadence qui ne ralentit pas, "Kenflo" est un des plus dangereux de la catégorie, peut-être même le plus dangereux derrière le champion. Et en effet, ni la boxe explosive du Japonais ni son niveau en lutte ne lui permettront de passer la barrière de jabs de son adversaire, qui après l'avoir épuisé finira par l'étrangler au troisième round. Gomi reste en ce moment le meilleur représentant du pays du soleil levant à l'UFC, et son prochaine adversaire risque une séance express de chirurgie esthétique au marteau.

Phil Davis contre Alexander Gustaffson (UFC 112)

Davis se prend pour Velasquez avec une démonstration de lutte spectaculaire et étrangle en toute fin de round un adversaire qui n'aura pas eu l'occasion de faire grand chose. Pas très satisfait de sa performance car il a raté son premier takedown, bonne chance à celui qui va tomber sur lui quand il aura progressé!

Mark Munoz contre Kendall Grove (UFC 112)

Dominé sur tous les plans au premier round, Munoz nous donne une belle leçon de persévérance : un coup de poing armé debout sur Grove au sol renversera brusquement la situation, suivi d'un ground'n'pound assez violent pour qu'on s'attendre presque à voir la tête de Kendall Grove se transformer en puzzle 500 pièces. Seul Matt Hamill a déjà stoppé Munoz, et il a changé de catégorie de poids. Avis aux amateurs...

Matt Hughes contre Renzo Gracie (UFC 112)

L'idée est bonne d'inviter deux grands grapplers à se foutre sur la gueule pour le premier UFC organisé à Abu Dhabi, la capitale du grappling sans kimono. Mais est-ce qu'il fallait vraiment exhumer ces deux là? Difficile de croire que ce combat n'a pas été organisé par Romero, d'autant qu'on aura bien affaire à des zombies qui marchent et pas à des zombies qui courent. Et le combat n'ira même pas au sol... Au troisième round, alors que les gardes des deux adversaires sont tellement basses qu'on se demande s'ils ne vont pas finir par marcher sur les mains, les low-kicks de Hughes finissent par avoir raison de Renzo, qui sera achevé sur une série de crochets. Il ne se formalisera même pas, c'est dire sa motivation...

Frankie Edgar contre BJ Penn (UFC 112)

Grande prudence des deux côtés, les poings partent vite et sont pour la plupart esquivés, les amenées au sol (sauf une de Edgar... au 5ème round, et pour pas longtemps) et les coups de pieds ne passent pas. Difficile de dire sur quoi les juges ont bien pu se baser pour départager, toujours est-il que la ceinture change de mains... Frankie Edgar emporte le titre poids légers sur décision unanime et Penn, dégoûté, s'en va avant même d'être interviewé. Il parlait déjà d'une revanche rapide le lendemain, Shogun et Machida auraient lancé une mode?

Demian Maia contre Anderson (UFC 112)

Remplaçant de Sonnen qui ne peut pas remplacer Belfort qui a un souci d'épaule, Demian Maia semble avoir encore moins de chances de gagner que les adversaires précédents d'Anderson Silva, qui combat pour sa 7ème défense de titre (!!!) et sa 11ème victoire consécutive à l'UFC. Son pieds-poings s'améliore, mais vu son adversaire c'est presque anecdotique. Il a gagné le championnat du monde de JJB et même le tournoi d'Abu Dhabi en 2007, mais encore faut-il réussir à amener Silva au sol, et d'ailleurs il y est plutôt à l'aise, il a même étranglé Dan Henderson! Pourtant, sans pour autant l'emporter, Maia va dûrement maltraiter le mythe Anderson Silva. Il semble pourtant ridicule dans les trois premiers rounds : le champion semble toucher à volonté et fait des démonstrations de capoeira, de karaté shotokan, et même de catch en passant tout le 3ème round à demander avec de grands gestes à Maia d'attaquer mieux que ça. En effet, les amenées au sol ne passent pas, et le challenger n'arrive même pas à s'approcher suffisamment pour envoyer ses poings. Pourtant, Silva sera amorphe à partir du 4ème round, les les provocations de Maia prouveront bien que les singeries du 3ème round servaient surtout à masquer un manque d'inspiration et de cardio. Au 5ème round, un oeil fermé, Maia donne toute l'énergie qui lui reste et arrivera même à passer quelques crochets. Dana White, enragé par le comportement de Silva, serait même allé pourrir son promoteur entre le 4ème et le 5ème round, et a parlé de passer dans les combats hors pay-per-view sa prochaine défense de titre. Silva conserve sa ceinture (3 rounds gagnés sur 5, le calcul est hélas facile) sous les sifflets et présente ses excuses au public en promettant de faire mieux la prochaine fois.